Le Président américain, Donald Trump, a pris tout le monde de court, vendredi 23 mai, en évoquant la possibilité d’imposer un droit de douane additionnel de 50% sur les produits européens dès le 1er juin. Pour l'heure, il a seulement « recommandé » un tel tarif, sur son réseau social Truth, et rien n'est encore acté. Cette annonce est intervenue quelques heures avant un appel téléphonique entre le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, et le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, plus tard dans la journée.
À l'heure où nous écrivions ces lignes, la Commission européenne n'avait pas communiqué sur l'issue de cet échange. Plus tôt dans la journée, elle avait indiqué attendre cet appel téléphonique avant de commenter l'annonce du Président américain.
Mais plusieurs ministres d'États membres de l'UE avaient, quant à eux, réagi. « Ce n’est pas parce que nous voyons certaines déclarations importantes dans l’opinion publique que cela va se traduire par des actions, par exemple, de la part de l’administration américaine », a souligné le sous-secrétaire d'État polonais au Développement économique, Michal Baranowski.
L'annonce est toutefois « profondément décevante », selon le Premier ministre irlandais, Micheal Martin. Tout comme lui, plusieurs États membres ont rappelé leur soutien à la Commission dans sa stratégie de négociation.
Celle-ci estime avoir mis des solutions concrètes et sérieuses sur la table des négociations par le biais d'un document détaillé envoyé aux Américains. Les Européens ont réitéré leur offre d’acheter plus de biens américains, y compris certains produits agricoles non sensibles, d’importer plus de gaz, d’accentuer la coopération sur la 5G et la 6G ou dans les enquêtes sur les surcapacités chinoises.
Mais Donald Trump a estimé : « Nos discussions avec eux [les Européens] ne mènent nulle part ».
À 45 jours de la fin de la trêve tarifaire, les deux positions restent éloignées et la partie américaine ne semble pas vouloir faire un pas vers l’UE.
Un échec des négociations et un tarif de 20% ou, pire, de 50% sur les produits européens n'est pas envisageable pour l'UE. Dans un tel cas, une prolongation des discussions serait une option préférable. (Léa Marchal)