login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13647
Sommaire Publication complète Par article 10 / 26
SÉCURITÉ - DÉFENSE - ESPACE / Espace

Les ministres européens soulignent l’importance du traitement des données spatiales pour renforcer la résilience de l’UE

Les ministres européens chargés de l’Espace ont souligné dans des conclusions, vendredi 23 mai, l’importance du traitement des données spatiales pour renforcer la résilience de l’UE (EUROPE 13646/27).

« La tension politique et géopolitique croissante, les catastrophes naturelles plus fréquentes et la nécessité d’une réponse rapide et coordonnée aux situations de crise font que les technologies spatiales deviennent un élément clé de l’infrastructure de sécurité et de résilience de l’UE. C’est pourquoi nous devons absolument investir et utiliser les ressources dont nous disposons », a expliqué le sous-secrétaire d’État polonais au ministère du Développement économique et de la Technologie, Michał Baranowski, à l'issue du Conseil de l'UE. Il a ajouté que les technologies basées sur l'observation de la Terre devenaient un outil essentiel pour répondre aux situations de crise, protéger les infrastructures critiques et garantir la sécurité publique. 

Tout en soulignant le travail déjà réalisé par les programmes Copernicus, Galileo, Govsatcom et bientôt Iris², le commissaire européen à l’Espace, Andrius Kubilius, a estimé qu'il fallait renforcer les capacités européennes en matière de services gouvernementaux d'observation, de positionnement, de navigation et de synchronisation ainsi que de connectivité. 

Dans leurs conclusions, les ministres insistent sur la valeur des programmes et instruments existants qui soutiennent la gestion des crises et la protection civile et se disent favorables à la poursuite de leur développement. 

« Une meilleure collaboration pour le traitement notamment des données, mais aussi évidemment la collecte de ces données et la transmission de ces données sont un enjeu essentiel pour notre autonomie stratégique », a rappelé la ministre belge à l’Action et à la Modernisation publiques, Vanessa Matz, à son arrivée au Conseil.

Les conclusions mettent en avant la nécessité d’une utilisation coordonnée des données satellitaires, notamment celles provenant de diverses constellations d'observation de la Terre, et appellent à l'intégration des systèmes existants et des nouveaux. Elles soulignent aussi l’importance de l’interopérabilité des infrastructures et de l’utilisation de normes communes.

De plus, les capacités de l'UE pourraient être davantage développées grâce à la coopération entre les États membres et à une meilleure collecte et un meilleur traitement des données, notamment grâce à l'utilisation de l'IA, selon le Conseil. Les États membres insistent en outre sur la nécessité de protéger la collecte de données satellitaires, notamment contre les cybermenaces, et de prendre des mesures pour renforcer la sécurité des données et des infrastructures de l'UE.

Voir les conclusions : https://aeur.eu/f/h0n

Renforcer le financement de l’Espace. À son arrivée au Conseil, le ministre français, Philippe Baptiste, a insisté sur un financement approprié des activités spatiales, sans se prononcer sur des chiffres. Il a rappelé que les États-Unis dépensent 75 milliards de dollars par an, et que l’Europe est à 16 milliards.

« L’Europe est très en retard par rapport aux États-Unis, à la Chine en termes d’investissements et, derrière, le risque est de décrocher, que notre industrie, que notre économie spatiale décrochent. Il faut investir, et l’UE doit être le moteur européen au travers de grands programmes, que ce soit Iris², Copernicus ou un futur programme de lanceurs », a-t-il expliqué.

« Il est clair que l'Europe, comparée à l'Amérique, ne dépense pas suffisamment. Aujourd'hui, le directeur de l'Agence spatiale européenne, Josef Aschbacher, a fait une présentation qui a souligné qu'au cours des cinq dernières années, la part des dépenses européennes consacrées à l'espace a diminué, tandis que d'autres y consacrent davantage d'argent », a reconnu le ministre polonais auprès d'Agence Europe.

« La défense et l'espace sont sans aucun doute des priorités absolues pour nous. Il est clair que l'espace est étroitement lié à la défense », a ajouté M. Kubilius, espérant qu'une partie des prêts de SAFE ou de la clause dérogatoire nationale serait utilisée pour des projets liés aux services spatiaux pour la défense.

« Nous savons pertinemment que, pour poursuivre l'exploitation des systèmes spatiaux dont nous disposons actuellement, nous aurons besoin d'un budget plus important dans le prochain Cadre financier pluriannuel (CFP) par rapport à celui d'aujourd'hui (environ 20 milliards d'euros). Nous devons donc augmenter nos ressources uniquement pour l'exploitation, mais nous envisageons également de nouveaux programmes à développer, notamment des services gouvernementaux d'observation », a-t-il ajouté, soulignant que se posait aussi le défi des systèmes de lancement. (Camille-Cerise Gessant)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
SÉCURITÉ - DÉFENSE - ESPACE
ACTION EXTÉRIEURE
INSTITUTIONNEL
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
SOCIAL
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
CONSEIL DE L'EUROPE
BRÈVES