Les membres de la commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire du Parlement européen ont tenu un dialogue structuré, lundi 5 mai, avec le commissaire chargé de l’Action pour le climat, Wopke Hoekstra.
L’échange a permis de faire un état des lieux des avancées en matière d’objectifs climatiques, mais également de discuter des orientations législatives à venir et de la très attendue révision de la législation européenne sur le climat, comprenant un objectif de réduction des émissions d’au moins 90% d’ici 2040 (EUROPE 13344/1).
Le commissaire a ainsi fait le point sur les politiques climatiques européennes pour faire part de progrès :
« Nous avons constaté une réduction importante des émissions en 2023, de 8,3% », a-t-il indiqué, ajoutant que « les émissions ETS sont de 55% inférieures à celles de 2005 ». Il a toutefois rappelé que « nous ne les atteindrons pas si nous ne faisons pas ce qu’il faut ». Et d’insister sur la place prépondérante des deux grandes lignes à suivre que sont la compétitivité industrielle et une transition équitable.
Interrogé à diverses reprises sur une proposition formelle pour 2040, Wopke Hoekstra a fait preuve de prudence. « Je ne vous donnerai pas aujourd’hui de solution exacte, parce que les discussions sont encore en cours », a-t-il avancé. Néanmoins, il a précisé que les objectifs « reposeront sur des données scientifiques ».
« Il faut que nous arrivions à dégager des majorités ici au Parlement », a-t-il encore souligné pour rappeler le nécessaire consensus politique.
Pascal Canfin (Renew Europe, français ) a exhorté le commissaire à clarifier sa position : « Confirmez, s’il vous plaît, que vous travaillez sur cette hypothèse de 90%, et ne confirmez pas l’interprétation d’Alexandr Vondra ».
Ce dernier (CRE, tchèque) avait estimé que ne pas mentionner l’objectif constituait « l’expression d’un certain réalisme politique » et avait qualifié les 90% de « pure fantaisie politique ».
Lena Schilling (Verts/ALE, autrichienne) a insisté sur le besoin d’ambition. « 95%, c’est déjà la fourchette basse de ce que recommandent les scientifiques », a-t-elle martelé en ce sens.
« Nous sommes en mai 2025, sans aucune proposition », a-t-elle en outre noté.
De même, Heléne Fritzon (S&D, suédoise) a interrogé : « Pouvez-vous faire preuve de courage et aller même au-delà pour que nous puissions garantir que l’objectif sera atteint ? »
Peter Liese (PPE, allemand) a questionné la politique européenne en matière de diplomatie verte. « Le monde a les yeux rivés vers l’Europe », a-t-il déclaré.
Aussi, a-t-il demandé comment le commissaire comptait « travailler avec la Chine et d’autres » en vue de la COP30.
Enfin, concernant le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM), Wopke Hoekstra a affirmé : « Les exportateurs de l’Union européenne sont souvent désavantagés (...). Nous avons l’intention de nous occuper des produits en aval, des exportations et des contournements d’ici la fin de l’année ».
Le commissaire a indiqué espérer pouvoir présenter des objectifs clairs avant l’été, sans toutefois s’y engager fermement. (Nithya Paquiry)