Les membres de la commission spéciale du PE sur la crise du logement dans l’UE ont sondé le commissaire à l’Énergie et au Logement, Dan Jørgensen, lundi 3 mars, sur les actions envisagées par la Commission pour rendre le logement plus abordable dans l’UE, doper l’offre et la demande et s’attaquer également aux locations de courte durée à visée touristique et leur impact sur le prix des loyers.
La présidente Irene Tinagli (S&D, italienne) a rappelé au préalable le mandat très clair de la commission ‘Logement’, qui prend ses fonctions à un moment où la crise du logement sévit partout avec des hausses de prix et des loyers. « Il faut relever tous ces défis » et « veiller à ce que les financements privés et publics soient à un niveau adéquat ». Il faut aussi travailler sur le lien entre « logement et énergie », a insisté l’Italienne.
Devant les élus, le commissaire a évoqué les pistes sur lesquelles la Commission compte travailler. Sur le plan des financements, en premier lieu, il se rendra déjà cette semaine au Luxembourg, à la Banque européenne d’investissements, pour présenter les premières pistes de la plateforme paneuropéenne envisagée pour doper les investissements dans le logement.
Concernant le calendrier des propositions concrètes, le commissaire a cependant indiqué qu’elles n’arriveront qu’après les recommandations de la commission spéciale afin d’intégrer les travaux du PE. « Mais ça ne prendra pas un an », a-t-il voulu rassurer, alors que les élus se sont inquiétés de ne pas voir le principe d’un plan logement inscrit dans le programme de travail de la Commission pour 2025.
Le commissaire, entre autres actions, veut se pencher sur les aides d’État et sur une éventuelle révision du cadre réglementaire pour doper les investissements dans le logement durable.
Alors que la part principale des financements pour soutenir le secteur du logement sera publique, il a rappelé la possibilité actuelle de doubler les investissements dans le cadre de la politique de cohésion, ceux-ci pouvant passer de 7,5 milliards à 15 milliards d’euros.
Conscient que ce sujet du logement relève de la subsidiarité, il a jugé que l’UE dispose toutefois déjà d’un certain nombre d’instruments, 21,3 milliards d’euros de la Facilité européenne pour la reprise ayant déjà été consacrés à la rénovation des logements, « et on peut faire davantage ».
Bien qu'ayant promis de s’attaquer au surtourisme, le commissaire est resté sur la réserve s’agissant de l’impact des locations de courte durée sur le prix des loyers, expliquant aux élus la diversité des positions au sein des États membres et des régions, entre ceux ayant choisi la régulation et ceux ne souhaitant pas encadrer cette pratique.
Il a aussi écarté l’idée de présenter des mesures fiscales alors que ce domaine relève des États membres : les réponses au niveau de l’UE se feront avec les « instruments de l’UE ». Il s'est également montré prudent sur le phénomène de la financiarisation du logement (la dépendance à l'égard des marchés financiers), tout en indiquant travailler sur le sujet avec sa collègue Maria Luís Albuquerque, responsable des Services financiers.
Par ailleurs, Dan Jørgensen a annoncé un dialogue spécifique sur la jeunesse pour écouter les préoccupations des jeunes dans l'accès au logement. (Solenn Paulic)