À Londres, une dizaine de dirigeants européens, aux côtés du Président ukrainien, Volodymyr Zelensky, ont insisté sur le besoin d’avoir des garanties de sécurité solides pour l’Ukraine dans le cadre d’un accord de paix, dimanche 2 mars. Les échanges tendus entre M. Zelensky et le président américain, Donald Trump, vendredi 28 février, ont changé la donne dans le processus de négociations.
« Nous devons tirer les leçons du passé. Nous ne pouvons pas répéter l'expérience de Minsk. Nous ne pouvons pas répéter la tragédie de l'Afghanistan. Et pour cela, nous avons besoin de solides garanties de sécurité », a insisté le président du Conseil européen, Antonio Costa, à l’issue de la réunion organisée par le Premier ministre britannique, Keir Starmer.
Pour la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, les alliés doivent faire en sorte que l’Ukraine puisse résister aux « envahisseurs potentiels » après un potentiel accord de paix. « Par conséquent, l'accent n'est pas seulement mis sur l'approvisionnement militaire, mais aussi, par exemple, sur la sécurisation du système énergétique et sur la garantie qu'au fil du temps, ce pays sera fort et résilient », a-t-elle insisté après avoir, elle aussi, participé à la rencontre à Londres.
Le Conseil européen du 6 mars devrait appuyer ce principe face à Volodymyr Zelensky, qui sera, une nouvelle fois, à la table des chefs d'État ou de gouvernement.
Afin de mettre l’Ukraine en position de pouvoir véritablement se défendre, les dirigeants européens devraient rappeler le besoin d’augmenter le soutien, à travers notamment la livraison de matériel militaire supplémentaire ainsi qu'avec des formations aux soldats ukrainiens. Le langage exact du soutien militaire doit encore être peaufiné dans le texte de conclusions, dont une nouvelle version doit être examinée mardi 4 mars par les représentants permanents des États membres auprès de l’UE.
Une bataille de leadership. Après l'altercation entre Volodymyr Zelensky d'une part, et Donald Trump et J.D. Vance d'autre part, plusieurs dirigeants ont vu le signe que la résolution du conflit nécessitait un nouveau leadership, autre que celui des États-Unis, pour garantir une paix durable pour l'Ukraine, le président américain n'admettant pas que la Russie puisse violer un futur accord de paix. « Aujourd'hui, nous avons vu que le monde libre avait besoin d'un nouveau leader. C'est à nous, Européens, de relever ce défi », a déclaré Kaja Kallas le 28 février.
Le porte-parole du Service européen pour l'action extérieure, Anouar El Anouni, a depuis nuancé le propos : « Depuis 80 ans, les États-Unis sont le plus proche allié de l'Europe. Face à des adversaires communs, les Américains et les Européens sont plus forts ensemble. Si les différences sont évidentes, l'UE et les États-Unis ont toujours réussi à les surmonter et continueront à le faire ».
De leur côté, les dirigeants français et britannique tentent de prendre la main dans ce processus. Le président français, Emmanuel Macron, et Keir Starmer ont évoqué, dimanche, l'idée d'une trêve d'un mois « dans les airs, sur les mers et sur les infrastructures énergétiques ».
Une initiative à laquelle Volodymyr Zelensky a réagi quelques heures plus tard : « Ce sera un échec pour tout le monde, si l'Ukraine est forcée à un cessez-le-feu sans de sérieuses garanties de sécurité ».
Voir le projet de conclusions daté du 3 mars : https://aeur.eu/f/fq1 (Léa Marchal avec la rédaction)