L’Agence européenne de l’environnement (AEE) a publié, jeudi 27 février, une note d’information destinée à soutenir les futures actions politiques de la Commission européenne pour réduire les émissions de méthane aux niveaux national, européen et international.
L'AEE y souligne le rôle prépondérant de ce gaz dans le réchauffement climatique et la pollution de l’air.
Et pour cause, ainsi qu'énoncé dans la publication, le méthane est un « puissant gaz à effet de serre », responsable de 12% des émissions de gaz à effet de serre en Europe, qui contribue à hauteur de 0,5°C au réchauffement mondial.
En outre, bien qu'il reste moins longtemps dans l’atmosphère que le dioxyde de carbone - environ 12 ans contre plusieurs siècles -, son action sur le réchauffement est environ 84 fois plus élevée sur une période de 20 ans. Réduire les émissions de méthane implique donc d’avoir un effet rapide sur le climat : il s'agira de réduire une part importante du réchauffement à court terme.
Mais ses effets dépassent le cadre du changement climatique, car en favorisant la formation d’ozone troposphérique, il nuit à la qualité de l’air et à la santé publique.
L’AEE rappelle ainsi qu’en 2022, 94% de la population urbaine de l’UE a été exposée à des niveaux d’ozone supérieurs aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé.
L’Union européenne a adopté en 2024 un règlement sur le suivi et la réduction des émissions de méthane (EUROPE 13453/26), qui impose des obligations strictes aux industries fossiles, en interdisant l’éventage et le torchage du méthane, sauf en cas de nécessité technique.
Il renforce aussi le suivi des émissions et vise à améliorer leur détection.
Néanmoins, si les émissions de méthane ont baissé de 38% dans l’UE depuis 1990, leur concentration dans l’atmosphère continue d’augmenter au niveau mondial, ce qui diminue l’incidence des efforts européens.
En effet, les émissions européennes ne représentent qu’environ 5% des émissions mondiales de méthane et les réductions d’émissions en Europe ne suffiraient pas.
L’AEE plaide donc pour une action internationale renforcée. L’UE, qui a initié le Global Methane Pledge avec les États-Unis lors de la COP26 en 2021, continue de promouvoir cette initiative pour une réduction de 30% des émissions mondiales d’ici 2030.
Toutefois, son efficacité repose sur l’engagement réel des États signataires, et l’Agence insiste sur l’urgence de mesures plus contraignantes à l’échelle mondiale.
Lire la note : https://aeur.eu/f/fpj (Nithya Paquiry)