Les dirigeants des pays des Balkans occidentaux - l'Albanie, le Kosovo, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, le Monténégro et la Macédoine du nord - se retrouvent à Bruxelles mercredi 18 décembre pour un sommet présidé par António Costa, son premier sommet depuis sa prise de fonction comme président du Conseil européen.
Au sein des institutions, on insiste : ce sommet ne concerne pas directement le processus d'élargissement, mais est une occasion de réaffirmer la position européenne vis-à-vis des Balkans occidentaux, tout particulièrement au regard de la situation géopolitique, du développement économique de la région et des menaces hybrides venues de Russie.
Pour l'UE, ce sommet traduit la nouvelle dynamique enclenchée sur le rapprochement stratégique des deux régions.
Sans pour autant parler d'élargissement au sens technique, les dirigeants devraient aborder plusieurs sujets en lien avec l'intégration progressive des Balkans occidentaux dans l'UE : plan de croissance, alignement sur la politique étrangère et de sécurité commune, l'atténuation des répercussions de la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine ainsi que le sujet de la migration et celui du crime organisé.
Selon un diplomate européen, le sommet des Balkans occidentaux pourrait devenir une « habitude utile », car il permet de faire le point sur « les instruments de rapprochement, les moyens mis à disposition et les conditions liées aux réformes ».
Cela correspond aussi à un moment géopolitique où l'intérêt d'accélérer et de capitaliser sur les derniers développements est accru, estime-t-on dans le corps diplomatique.
Le dîner sera l'occasion pour les dirigeants d'avoir des échanges sur le contexte géopolitique, qui est particulier au regard de la situation de la région. Il y a un intérêt commun, affirme un diplomate européen, qui estime que tous, que ce soit dans les pays des Balkans ou au sein de l'UE, font face à des manipulations de l'information, à des attaques hybrides et à un sentiment de danger sur les processus électoraux.
Quant aux sujets sensibles, tels que les relations entre le Kosovo et la Serbie ou la réforme de la Constitution de la Macédoine du nord, ils ne devraient pas être abordés en tant que tels au cours de la réunion.
L'ordre du jour prévoit une séance de travail à partir de 17h45, suivie d'un dîner.
Une déclaration commune est attendue à la fin du sommet, qui devrait se conclure aux alentours de 22h. (Isalia Stieffatre)