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Bulletin Quotidien Europe N° 13529
ACTION EXTÉRIEURE / Mercosur

La possibilité de rallier une majorité au Conseil autour de l'accord commercial UE/Mercosur perd en crédibilité

Si la Commission européenne estime être en bonne position pour fermer les négociations sur l’accord de commerce UE/Mercosur (EUROPE 13527/5), les États membres de l’UE sont moins optimistes sur la possibilité de donner leur feu vert au traité qui leur sera proposé. La France semble réussir à rallier les soutiens précieux au Conseil, pour peut-être atteindre une minorité de blocage au moment de ratifier l’accord.

« Si nous le faisons [approuver l'accord] contre l’avis de grands groupes de pays, cela n’est pas un résultat positif pour l’intégration européenne », a indiqué le ministre polonais du Développement économique, Ignacy Niemczycki. Les agriculteurs polonais craignent les futures importations venant du Mercosur et l’ont clairement fait savoir à leur gouvernement.

Bien avant la Pologne, les inquiétudes avaient également gagné l’Autriche, dont le Parlement a rejeté l’accord dès 2019. D’après le ministre du Travail et de l’Économie, Martin Kocher, l’Autriche ne pourra changer sa position tant qu’elle ne sera pas rassurée sur la question de la protection de la forêt amazonienne ainsi que sur le soutien aux agriculteurs.

« Ce sont les conditions pour que l’on revoie la position autrichienne », a-t-il affirmé. Et d’ajouter : « J’ai toujours été favorable à ce que nous regardions ce qu’il y a dans le texte final, compte tenu du fait que la situation a changé et qu’il y a des négociations sur des points importants ».

Même le ministre luxembourgeois du Commerce, Xavier Bettel, favorable au commerce, a exprimé des doutes sur les perspectives de l’accord UE/Mercosur : « Il y a des garanties que l’on doit avoir et que nous n’avons pas encore, pour l’instant ».

Même son de cloche en Lituanie, pays défenseur des traités de libre-échange, qui doute désormais de l’avenir de l’accord. Interrogé par Agence Europe, le vice-ministre lituanien des Affaires étrangères, Simonas Šatūnas, a indiqué qu’il fallait prendre en compte les sensibilités des différents États membres, bien que son pays n’en ait pas particulièrement. 

À son arrivée au Conseil, la ministre déléguée française chargée du Commerce extérieur, Sophie Primas, a répété l’opposition de la France à la signature de l’accord commercial. Le Premier ministre français, Michel Barnier, a proposé de faire une déclaration à l’Assemblée nationale sur le sujet, qui sera suivie d’un débat et d’un vote le 26 novembre.

Une session de négociations aura lieu cette même semaine entre l’UE et le Mercosur. Le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis, estime qu'il est difficile de donner un calendrier précis. « Nous devons avoir quelque chose de correct sur le contenu pour être en mesure de conclure », a-t-il seulement répondu aux journalistes. (Léa Marchal)

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