Le Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA) a alerté, vendredi 23 août, dans le cadre d’une nouvelle analyse, sur l’apparition de navires « fantômes » transportant du gaz naturel liquéfié (GNL), visant à contourner les sanctions occidentales ciblant les revenus que la Russie tire du GNL.
À l’instar des tactiques utilisées pour les exportations de pétrole (EUROPE 13316/3, 13077/20), des entreprises inconnues achètent et enregistrent de vieux navires dans des pays non sanctionnés, dont l’assurance est possiblement gérée par des sociétés russes.
Le CREA indique qu’il pourrait y avoir jusqu'à 50 navires de ce type, dont 9 sont actuellement identifiés comme navires « fantômes » par le centre de recherche.
L’apparition de cette flotte peut suggérer une préparation de la Russie à de nouvelles sanctions occidentales ou un éventuel embargo de l’UE sur le GNL russe (EUROPE 13438/3).
Début août, des images satellites auraient ainsi permis de détecter ce qui serait le premier méthanier « fantôme », le Pioneer, en train de charger du gaz provenant du projet Arctic LNG-2 visé par les sanctions occidentales.
Le centre de recherche appelle les puissances occidentales à ne pas répéter les erreurs du passé qui ont consisté à réagir de façon « tardive et inadéquate » face à l’utilisation initiale des navires pétroliers « fantômes ».
Les mesures proposées pour les navires transportant du GNL consistent à imposer une surveillance plus stricte, à faire en sorte qu’il y ait plus de transparence concernant la propriété des navires et leur assurance ainsi qu'à bloquer rapidement les navires impliqués dans la violation des sanctions.
Pour voir l’analyse du CREA : https://aeur.eu/f/da1 (Pauline Denys)