Les députés européens ont réaffirmé, mercredi 17 juillet, les positions du Parlement européen sur le soutien continu à l’indépendance, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine et sur l’engagement sans faille de l’Union « à apporter un soutien politique, financier, économique, humanitaire, militaire et diplomatique aussi longtemps qu’il le faudra pour assurer la victoire de l’Ukraine ».
La résolution qu’il a adoptée (495 voix pour, 137 contre – principalement des eurodéputés Patriotes pour l'Europe (PfE), de l'Europe des nations souveraines (ENS) et Non inscrits - et 47 abstentions. La Gauche s’est divisée entre les trois positions), se penche notamment sur l’assistance militaire. Si, selon le PE, cette assistance est « importante », elle reste néanmoins « toujours insuffisante ». Le Parlement invite ainsi l’Union et ses États membres à accroître leur soutien militaire à l’Ukraine « aussi longtemps que nécessaire et sous toutes les formes possibles » et à étendre encore les opérations de formation des forces armées ukrainiennes telles que l’EUMAM Ukraine. Les députés européens plaident également « fermement » en faveur de la suppression des restrictions à l’utilisation des systèmes d’armes occidentales livrés à l’Ukraine contre des cibles militaires sur le territoire russe.
Lors du débat qui a précédé le vote, les députés se sont cependant divisés sur l’envoi d’armement. Pour Iratxe García Pérez (S&D, espagnole), il faut apporter « toute aide matérielle jusqu’à la victoire définitive » de l’Ukraine. « Si on ne veut pas que la Russie détruise les dernières infrastructures encore en place, nous devons fournir des munitions, des systèmes de défense efficaces, des avions pour défendre l'espace aérien », a ajouté Sergey Lagodinsky (Verts/ALE, allemand).
Si Jordan Bardella (PfE, français) a estimé que l’Europe devait fournir ce dont l’Ukraine a besoin pour maintenir le front - matériel de défense militaire, munitions et obus pour se défendre -, il ne s’est pas dit favorable à des armes permettant de frapper directement le territoire russe ni l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN, car cela « nourrirait un risque d’escalade avec une puissance nucléaire ».
Martin Schirdewan (La Gauche, allemand) et René Aust (ENS, allemand) ont estimé que l’envoi d’armes n’était pas la solution. Selon le premier, l'envoi de plus d’armes ne permettra pas de mettre fin à la guerre. « Il faut renforcer les organisations internationales et agir en matière de désarmement, et pas le contraire », a-t-il expliqué. Le second a précisé que la stratégie de livrer des armes et d’imposer des sanctions n’avait rien donné, mais rapproché les États européens de la guerre.
Condamnation de la visite en Russie de M. Orbán
Dans sa résolution, le Parlement européen condamne la visite du Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, en Russie, estimant qu’il s’agissait d’ « une violation flagrante des traités et de la politique étrangère commune de l’Union, y compris le principe de coopération loyale ». M. Orbán « ne peut prétendre représenter l’Union en violant des positions communes de l’Union », prévient le PE, ajoutant que cette violation devait avoir des répercussions sur la Hongrie.
« Ne cédons rien aux alliés de Poutine, ne laissons pas Orbán faire, qui se rend à Moscou pour une mission de paix autoproclamée en se prévalant de l’Europe sans aucun mandat de sa part. Orbán, qui piétine nos institutions et met en danger notre Union en faisant la cour au Kremlin qui, deux jours plus tard, bombarde un hôpital pour enfants », a dénoncé Valérie Hayer (Renew Europe, française). « De quelle paix parle Orbán avec un tyran comme Poutine sous mandat de la Cour pénale internationale ? », s’est interrogée Mme García Pérez, alors que, selon Andrzej Halicki (PPE, polonais), « Poutine devrait être à La Haye, personne ne devrait négocier avec lui, c’est ça notre tâche en tant qu’Européens ».
Les représentants des PfE et l’ENS, à l’inverse, ont souligné les efforts du Premier ministre hongrois. « Si nous voulons la paix, l’heure est venue pour des négociations de paix. Des négociations, même s’il y a des résistances, c’est indispensable », a souligné M. Aust. Selon M. Bardella, « on ne peut pas accuser la Hongrie, partenaire fiable de l’Alliance atlantique, de vouloir maintenir ouverts les canaux de discussion ».
Les députés européens déplorent aussi que la Hongrie « ait abusé de son pouvoir de veto au sein du Conseil, empêchant ainsi l’octroi d’une aide essentielle à l’Ukraine », la priant de lever son blocage sur la 'Facilité européenne pour la paix'.
Les députés européens demandent en outre au Conseil d'étendre la politique de sanctions contre la Russie et la Biélorussie et de s’attaquer systématiquement au problème du contournement des sanctions.
Enfin, le PE condamne le nombre croissant d’attaques hybrides menées par la Russie contre l’Union et ses États membres.
Voir la résolution : https://aeur.eu/f/d2d (Camille-Cerise Gessant)