La commissaire européenne à la Cohésion, Elisa Ferreira, a tenté, lundi 15 juillet, de justifier le bien-fondé de la politique de cohésion, face aux attaques du ministre allemand des Finances, Christian Lindner, qui a laissé entendre que cette politique était « surfinancée » en raison d'un taux d'absorption faible des crédits communautaires.
Lors d'un événement à Bruxelles sur l'avenir de la politique de cohésion, M. Lindner a réitéré ses critiques sur l'utilisation actuelle des fonds européens. « La politique de cohésion est tristement célèbre pour ses problèmes d'absorption », a-t-il déclaré. Ces problèmes ont été aggravés par l'existence parallèle de la politique de cohésion et du fonds de relance post-Covid-19, Next Generation EU, selon le ministre allemand. Il a souligné que, jusqu'à présent, seulement 5% des fonds de la politique de cohésion auraient été alloués pour la période de 2021 à 2027.
« Pour moi, cela soulève bien sûr immédiatement la question de savoir si l'absorption paresseuse des nombreux fonds destinés à la politique de cohésion n'est pas un signe de surfinancement », a-t-il dit. « Ne devrions-nous pas plutôt envisager de réduire le budget ou de réaffecter les fonds à d'autres besoins politiques urgents comme la sécurité ou la défense ? », a-t-il suggéré.
M. Lindner a souligné la nécessité de réformer la politique de cohésion de l'UE ainsi que le rôle que joue l'Allemagne en tant que « plus grand contributeur » dans ce domaine.
« Je n'aime pas la fausse dichotomie entre contributeurs nets et bénéficiaires nets », a rétorqué Mme Ferreira, estimant que « nous avons tous à gagner de l'intégration européenne ».
La politique de cohésion est « plus importante aujourd'hui que jamais », a-t-elle ajouté. La réforme du budget de l'UE ne devrait pas avoir pour effet de « réduire la cohésion », a-t-elle également souligné.
Le gouvernement allemand a présenté les conclusions d'une étude présentant une « multitude d'arguments » en faveur d'une réforme de la politique de cohésion lors du prochain cadre financier pluriannuel (CFP) de l'UE après 2027.
La position officielle de l'Allemagne sur la réforme de cette politique pourrait conduire à des conflits entre Robert Habeck, ministre fédéral allemand de l'Économie et de l'Énergie (Verts) et M. Lindner. De plus, il pourrait y avoir des désaccords entre le gouvernement fédéral et les Länder, qui militent pour le maintien des dotations actuelles au titre de la politique de cohésion.
Mme Ferreira a d'ailleurs remercié les Länder « pour leur soutien continu et leur engagement à mettre en avant les mérites de cette politique ».
Lien vers l'étude allemande : https://aeur.eu/f/d26 (Lionel Changeur)