La compétitivité européenne passe par une industrie automobile forte, pour la Hongrie, qui préside le Conseil de l'UE pour six mois. Elle a accueilli, à Budapest, une réunion informelle des ministres de l'Industrie, mardi 9 juillet, durant laquelle elle a défendu un soutien accru au secteur de l'automobile. Les ministres ou leur représentant ont participé à une session de travail sur le sujet où ils ont réfléchi sur : - les incitations financières pour déployer davantage de points de recharge pour véhicules électriques ; - les aides pour l'achat de ces voitures ; - les mesures pour soutenir l'industrie automobile.
Selon le ministre hongrois de l'Économie nationale, Márton Nagy, plus de coordination est nécessaire sur le continent, s'agissant de soutenir le développement des véhicules électriques. Dans cette optique, il a annoncé que la Présidence hongroise publierait, mercredi 10 juillet, un rapport touchant à la mobilité électrique, contenant onze propositions concrètes.
Selon une version provisoire du document vu par Agence Europe, la Hongrie suggère, par exemple, un « assouplissement des règles sur les aides d'État en faveur de la recherche et du développement, de la mise en œuvre industrielle et de la production de véhicules neutres en carbone et de leur chaîne d'approvisionnement ».
Les aides d'État, couplées à des investissements européens sont indispensables, selon Márton Nagy : « Si vous voulez avoir une accélération de la transition, cela ne pourra pas se faire sans subventions », a-t-il indiqué à Agence Europe.
Il considère également qu'il faut stimuler la demande. Dans le contexte actuel, la situation est trop fragmentée sur le continent pour envoyer des signaux clairs aux consommateurs, souligne-t-il. C'est pourquoi la Présidence hongroise suggère la création d'une aide européenne de 4 500 euros à l'achat d'un véhicule électrique à batterie. « Cette subvention unique financée par l'UE peut être financée par les revenus de la prime carbone de l'industrie automobile, puis de 2028 à 2034, dans le nouveau cycle budgétaire, 50 milliards d'euros du CFP », peut-on lire dans le document provisoire de la Présidence hongroise.
Sur cette proposition, quelques délégations ont mis en garde contre une subvention au montant unique, qui pourrait ne pas suffire à inciter les citoyens à acheter un véhicule électrique dans certaines régions du continent au pouvoir d'achat plus faible.
L'idée de subventionner davantage les fabricants pour faire baisser le prix des voitures électriques et d'investir dans les infrastructures semble gagner du terrain. En ce qui concerne, par exemple, les points de recharge pour les véhicules électriques, « la plupart des délégations s'accordent » sur le besoin d'agir à l'échelle européenne, selon le ministre Nagy.
Compétitivité et concurrence équitable
La réaction à la concurrence chinoise dans l'automobile, souvent déloyale, n'a finalement presque pas été abordée par les représentants des États membres à Budapest. La décision de la Commission européenne d'imposer des droits compensateurs sur les véhicules électriques à batterie chinois (EUROPE 13446/1) ne fait pas l'unanimité au Conseil. Les pays membres sont plusieurs à craindre un effet négatif sur l'industrie automobile de l'Union et sur les relations économiques avec Pékin.
En marge de la réunion, certaines délégations, la Hongrie en première ligne, se sont exprimées sur les droits compensateurs. « Nous pensons que ce n'est pas dans l'intérêt de l'économie européenne », a indiqué à Agence Europe le porte-parole du gouvernement hongrois à l’international, Zoltán Kovács.
Il estime que suffisamment d'États membres partagent cet avis et espère que la procédure pourra être inversée. Et de s'appuyer sur la position de Berlin, également contraire aux droits compensateurs. « S'il y a une puissance qui mène la barque dans l'industrie automobile et les technologies, c'est bien l'Allemagne. Nous devrions donc les écouter ».
Berlin aimerait, en effet, éviter des tarifs sur les véhicules électriques chinois (EUROPE 13410/12), qu'elle considère comme nuisibles à son industrie, qui exporte massivement. Cet avis est partagé par d'autres pays, parmi lesquels la Suède, mais aussi la Slovénie.
« Nous ne pensons pas qu'imposer des tarifs va aider la compétitivité européenne. Nous savons que nous sommes dépendants de nos partenaires en Chine », a indiqué à Agence Europe le secrétaire d'État slovène à l'Économie, Matevž Frangež. (Léa Marchal)