Le groupe S&D a formellement approuvé, mardi 9 juillet, ses demandes clefs pour la mandature 2024-2029.
Cette étape intervient après une rencontre, le même jour, entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le groupe et sa présidente espagnole, Iratxe Garcia Perez.
En fin de journée, la cheffe de file socialiste a à nouveau exprimé, sur X, les attentes de son groupe. « Un commissaire au logement, à l'écologie et à l'économie sociale, aux droits des travailleurs et à l'égalité des sexes, et pas d'accord avec l'extrême droite. Ce sont nos priorités. Elles devraient être les priorités de la prochaine Commission », a indiqué l'Espagnole, ajoutant que « notre soutien n'est pas un chèque en blanc ».
Le dernier document publié ne présente pas de surprises par rapport à une dernière version du 4 juillet et continue d'insister sur un fort programme de progrès social et d'action pour un travail de qualité, la poursuite de l'ambition dans les politiques de transition environnementale, un budget européen adapté aux différents défis avec une capacité d'investissement permanente de 1% du PIB de l'UE dès 2027 ou sur la réforme de l'Article 7 pour renforcer le respect de l'État de droit.
Sur la défense, le groupe réaffirme que le prochain cadre financier pluriannuel devrait comporter une rubrique considérablement accrue consacrée à la sécurité et à la défense, sur la base de nouvelles ressources propres.
« Un Fonds d'investissement pour la défense devrait être consacré au soutien exclusif de l'industrie de la défense de l'UE, sans autoriser de coupes dans d'autres priorités telles que les dépenses sociales ou de cohésion ».
L'UE devrait aussi « explorer et mobiliser tous les moyens possibles pour assurer un soutien économique, humanitaire et militaire durable à l'Ukraine pendant la guerre et pour la reconstruction du pays, avec des contributions de tous ses États membres. Le champ d'application de l'utilisation des actifs russes immobilisés à ces fins devrait être élargi et la mise en œuvre intégrale des sanctions de l'UE contre la Russie doit être assurée ».
Par ailleurs, un programme européen devrait « être mis en place pour les régions frontalières orientales les plus touchées (par la guerre en Ukraine, NdlR) (comme la réserve d'ajustement du Brexit) afin d'aider ces régions à faire face aux chocs économiques disproportionnés - y compris l'accueil du plus grand nombre de réfugiés de guerre ukrainiens - auxquels elles continuent d'être confrontées depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie », dit aussi le groupe.
Charte européenne des droits de la femme. S’agissant du chapitre sur une Europe ‘féministe’, « l'adoption d'une charte européenne des droits de la femme est notre principal objectif », dit le texte.
« En outre, nous voulons aller plus loin en construisant une feuille de route ambitieuse vers une Europe féministe, intégrant les meilleures politiques mises en œuvre dans chacun de nos pays afin de garantir que toutes les femmes vivant en Europe partagent les mêmes droits forts dans toute une série de domaines (comme l'a proposé Gisèle Halimi avec la 'clause de l'Européenne la plus favorisée'). Nous devons également protéger le droit des femmes à disposer de leur corps en veillant à ce que la Charte européenne des droits fondamentaux consacre le droit de chaque femme en Europe à un avortement légal et sûr ».
La nécessité d'intégrer l'égalité entre les femmes et les hommes et de la budgétiser dans l'ensemble de la législation et des politiques de l'UE ainsi que dans le cadre financier pluriannuel doit également être réalisée.
Lien vers le document : https://aeur.eu/f/czf (Solenn Paulic)