Lors du 24e sommet entre l'Union européenne et les pays de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), les partenaires ont manifesté, vendredi 2 février à Bruxelles, leur volonté de mettre en œuvre les engagements pris conjointement et de renforcer davantage leur partenariat.
Le dernier sommet UE/ASEAN remonte à 2022 (EUROPE 13084/20). Il avait marqué un engagement important de la part de l’UE dans le cadre de son initiative ‘Global Gateway’, puisque 10 milliards d’euros avaient été mobilisés pour des projets liés à la connectivité dans les pays de l’ASEAN.
« Aujourd'hui, nous traduisons nos engagements en actions en examinant la mise en œuvre des décisions de ces dirigeants et en convenant des prochaines étapes », a résumé le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, qui a présidé le même jour le Forum UE/Indo-pacifique (voir autre nouvelle).
Cette réunion ministérielle UE/ASEAN a également été coprésidée par Enrique Manalo, secrétaire aux Affaires étrangères des Philippines. Ce dernier a mis en avant le rôle essentiel de l’ASEAN et de l’UE « dans la promotion et l'avancement des valeurs universelles telles que (...) le droit international, l'ordre international fondé sur des règles, la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales, où la paix, la sécurité et la prospérité sont maintenues ».
L'UE est le troisième plus gros investisseur dans la région de l'Indo-pacifique, et les dirigeants des deux blocs l'ont rappelé dans leur déclaration conjointe. Ils ont aussi réaffirmé « leur engagement à profiter de cet élan positif pour intensifier le commerce et les investissements entre l'ASEAN et l'UE ».
Cela passe par les accords bilatéraux, en négociation ou déjà signés, mais aussi par la résolution de différends « de longue durée » liés à l'accès au marché, ont affirmé les auteurs de la déclaration.
L'Indonésie, par exemple, a poursuivi l'UE à l'Organisation mondiale du commerce à cause de sa directive sur les énergies renouvelables qui, selon elle, discrimine certains produits indonésiens à l'exportation, comme l'huile de palme pour les biocarburants.
Les dirigeants de l'ASEAN et de l'UE ont aussi appelé tous les pays à ne pas entraver le flux global de produits agricoles essentiels. « L'importance de la sécurité et de la stabilité dans la mer Noire, passage crucial pour les exportations de céréales ukrainiennes », a notamment été soulignée.
Ils ont aussi réitéré leur volonté de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 55% d’ici 2030 (comparé aux niveaux de 1990) et d’atteindre la neutralité carbone en 2050, ainsi que de mettre en œuvre les décisions prise à la COP28 (EUROPE 13313/16).
Concernant les défis sécuritaires en mer, les partis réitèrent l’importance du « respect de l'État de droit, de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des États, de la sécurité et de la sûreté maritimes, de la liberté de navigation et de survol et le règlement pacifique des différends ». Ils souhaitent en particulier promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité dans la mer de Chine méridionale et saluent les progrès faits dans les négociations sur le code de conduite en mer de Chine méridionale (COC).
Au sujet de la Birmanie, les partenaires indiquent que le consensus en cinq points de l'ASEAN reste la principale référence pour faire face à la crise politique, et ils condamnent fermement la poursuite des actes de violence, demandant instamment à toutes les parties concernées de prendre des mesures concrètes pour y mettre fin.
Enfin, concernant la crise au Moyent-Orient, les partis condamnent toutes les attaques contre les civils et prennent « acte de l'appel lancé par certains d'entre (eux) en faveur d'un cessez-le-feu durable ». Ils appellent à un accès humanitaire rapide, sûr et sans entrave, à protéger les civils, et ils demandent aux parties concernées de travailler à une résolution pacifique du conflit.
Pour voir la déclaration : https://aeur.eu/f/aph (Léa Marchal et Pauline Denys)