La commission électorale serbe a confirmé, mercredi 3 janvier, les résultats des élections législatives qui avaient eu lieu le 17 décembre dernier, et validé par conséquent la victoire du 'Parti progressiste serbe' (SNS) du président en fonction, Aleksandar Vučić.
Le scrutin avait été contesté, dès le 18 décembre, par l’opposition, unie sous la bannière 'La Serbie contre la violence’. Créditée de 23,5% des suffrages, elle dénonçait des irrégularités relevées lors des élections dans plusieurs régions du pays par un groupe d'observateurs internationaux, constitué notamment de représentants de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
Sous la pression, les élections avaient été réorganisées le 30 décembre dans une trentaine de bureaux de vote, sur les 8 723 que compte le pays (EUROPE 13319/20). Selon les résultats, le parti de droite nationaliste du Président Vučić remporterait quelque 46,75% des voix.
La commission électorale serbe n’a pas encore réalisé de projection en matière de nombre de sièges, mais le Président serbe s'était dit confiant, le 30 décembre, lors de la tenue des nouvelles élections, quant au fait que son parti devrait obtenir une majorité absolue au sein de l’Assemblée nationale, où siègent 250 élus.
L’opposition serbe n’avait pas été la seule à monter au créneau dans la foulée des élections. Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, et le commissaire chargé du Voisinage et de l’Élargissement, Olivér Várhelyi, avaient déclaré que « le processus électoral » du pays « (devait) faire l'objet d'améliorations tangibles et de nouvelles réformes » (EUROPE 13317/19).
Parmi les États membres, l’Allemagne, pour sa part, avait jugé « inacceptable » que de telles allégations puissent être formulées alors que la Serbie est candidate à l’adhésion à l’UE, tandis que le groupe Renew Europe au Parlement européen avait appelé à la tenue d’une « enquête complète et transparente sur toutes les irrégularités électorales signalées et les allégations de fraudes liées aux élections législatives et locales ». (Thomas Mangin)