En raison de fortes incertitudes économiques liées à la poursuite de l'agression militaire russe de l'Ukraine, le Parlement européen invite la Banque centrale européenne à mener une normalisation de sa politique monétaire « plus équilibrée et plus graduelle » et à « justifier davantage toute décision future sur les taux directeurs », dans le rapport 'Andresen' sur les activités de la BCE qu'il a adopté, jeudi 16 février, par 376 voix pour, 96 contre et 35 abstentions.
Les députés notent que « les instruments traditionnels de politique monétaire ont une influence limitée sur la lutte contre l’inflation, principalement dictée par l’offre », en particulier par les prix de l’énergie et des denrées alimentaires.
Le PE s'inquiète d'un risque de fragmentation en raison des fortes disparités nationales en matière d'inflation au sein de la zone euro. Il demande aussi à la BCE d'expliquer comment elle a agi pour respecter, au-delà de sa mission première de préserver la stabilité des prix, ses objectifs dits 'secondaires' comme le développement économique et la lutte contre le changement climatique.
« J'accueille favorablement le fait que nous sommes parvenus à rassembler une majorité en faveur d'une prudence accrue concernant les hausses agressives de taux actuelles », a déclaré Rasmus Andresen (Verts/ALE, allemand) dans un communiqué.
Voir le rapport du PE : https://aeur.eu/f/5dy (Mathieu Bion)