Les experts ‘Santé’ et ‘Affaires intérieures’ des États membres, réunis au sein du groupe de gestion des crises (IPCR), ont réussi, dans la soirée de mercredi 4 janvier, à s’accorder sur une série de mesures de précaution pour répondre à la recrudescence des cas des Covid-19 en Chine, mais n’ont pas réussi à s’entendre sur l’imposition obligatoire de tests négatifs pour les voyageurs se rendant dans l’UE depuis la Chine.
Néanmoins, à ce stade, il a en effet été seulement fortement recommandé aux États membres d'imposer des tests négatifs de moins de 48 heures au départ de la Chine, indique un communiqué final.
Ils n'ont pas non plus encore pu s'accorder sur des mesures comme les tests aléatoires des passagers à l’arrivée, avec un séquençage en cas de résultats positifs pour permettre de déceler les variants, ni sur les tests et séquençages des eaux usées, a indiqué une source européenne, même si un accord pourrait toujours intervenir dans les prochains jours, selon cette source.
En revanche, les États membres ont réussi à s'accorder sur l'exigence du port du masque dans les avions depuis la Chine ou à destination de la Chine et sur les conseils sanitaires aux voyageurs. Les experts de l'IPCR ont aussi convenu de rediscuter de toutes ces mesures à la mi-janvier.
La réunion, convoquée par la Présidence suédoise du Conseil de l’UE, a duré 7 heures. Elle avait pour objectif de coordonner la réponse des Vingt-sept face à la recrudescence de cas de Covid-19 en Chine, qui lèvera toutes ses restrictions de voyages le 8 janvier et a menacé ses partenaires internationaux de représailles.
Sans surprise, c’est la question des tests obligatoires au départ de Chine ou à l'arrivée dans l'UE, exigés à ce jour par trois pays membres - la France, l'Espagne et l'Italie - et bientôt par la Suède, qui s’avérait la plus délicate mercredi, selon une source.
La veille, des experts scientifiques, réunis au sein du Comité de sécurité sanitaire de la Commission européenne, avaient élaboré un projet d’avis comprenant plusieurs recommandations (EUROPE 13091/3) que les experts de l'IPCR étaient aussi invités à adopter.
Le projet suggérait, outre l’exigence de tests au départ de la Chine, le contrôle des eaux usées dans les avions, le port du masque dans les avions depuis la Chine, l’amélioration du séquençage génomique dans les aéroports ou encore une surveillance renforcée du virus dans les États membres.
Mécontentement du secteur du transport aérien
De son côté, l'IATA (Association du transport aérien international) avait critiqué plus tôt dans la journée les pays qui « introduisent le test Covid-19 et d'autres mesures pour les voyageurs en provenance de Chine alors que le virus circule déjà largement à l'intérieur de leurs frontières. Il est extrêmement décevant de voir ce rétablissement impulsif de mesures qui se sont avérées inefficaces au cours des trois dernières années », avait-elle écrit dans un communiqué. EUROPE y reviendra.
Lien vers la déclaration : https://aeur.eu/f/4sx (Solenn Paulic avec Émilie Vanderhulst)