Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a appelé, jeudi 29 décembre, à des progrès urgents dans le Dialogue entre la Serbie et le Kosovo alors que, le même jour, des membres de la minorité serbe du nord Kosovo ont commencé à lever les barricades qu’ils avaient érigées depuis trois semaines (EUROPE 13082/8).
« La diplomatie a prévalu dans l’apaisement des tensions au nord Kosovo. La violence ne peut jamais être une solution. (…) Il nous faut maintenant des progrès urgents dans le dialogue », a-t-il prévenu. Aucune date n’a été annoncée pour une prochaine réunion du Dialogue facilité par l'UE.
Les développements de ces dernières semaines « montrent à quel point il est important de faire des progrès réels et irréversibles dans la normalisation des relations entre le Kosovo et la Serbie sur la base de la proposition de l’UE », a expliqué la porte-parole du Service européen pour l’action extérieure Nabila Massrali, mardi 3 janvier. Elle a souligné qu’il fallait « sans délai » mettre en œuvre pleinement les accords déjà obtenus, en commençant par le retour des Serbes du Kosovo dans les institutions au nord Kosovo et le début des discussions sur l’Association des municipalités serbes.
Mme Massrali a rappelé que la situation sur le terrain était encore « très fragile ». Elle a précisé que l’UE attendait de toutes les parties qu’elles fassent preuve de retenue, de calme, et qu’elles évitent toute action qui pourrait provoquer une escalade ou de la violence.
Le 28 décembre, avant le démantèlement des barricades, l’UE et les États-Unis avaient déjà appelé à « la plus grande retenue », « à prendre des mesures immédiates pour désamorcer inconditionnellement la situation et à s'abstenir de toute provocation, menace ou intimidation ».
« Nous saluons les assurances des dirigeants du Kosovo confirmant qu'il n'existe aucune liste de citoyens serbes du Kosovo à arrêter ou à poursuivre pour des protestations/barricades pacifiques », avaient souligné Mme Massrali et le porte-parole adjoint du Département d’État américain, Vedant Patel, dans une déclaration commune. Ils avaient en outre rappelé que l'État de droit devait être respecté et que toute forme de violence était inacceptable et ne serait pas tolérée. (Camille-Cerise Gessant)