Liz Truss, l’actuelle ministre britannique des Affaires étrangères, a été désignée, lundi 5 septembre, comme nouvelle Première ministre du Royaume-Uni par les membres du parti conservateur Tory, qui devaient la départager avec l’ex-ministre des Finances Rishi Sunak. Ces électeurs tories ont voté pour Liz Truss à 57%, contre 43% pour son adversaire.
Elle succède donc à Boris Johnson, qui avait dû quitter ses fonctions de président du parti conservateur et de Premier ministre après les révélations en cascade sur ses frasques pendant la pandémie de Covid-19.
Dans un tweet, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a adressé ses « félicitations » à Mme Truss. « L’UE et le Royaume-Uni sont partenaires. Nous faisons face à de nombreux défis ensemble, du changement climatique à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. J’attends avec impatience une relation constructive, dans le plein respect de nos accords », a-t-elle ajouté. « Une relation positive est d’une grande importance stratégique. Je suis prêt à travailler intensément et de manière constructive avec mon nouvel interlocuteur britannique pour favoriser un tel partenariat, dans le plein respect de nos accords », a réagi de son côté le Vice-président de la Commission, Maroš Šefčovič.
Le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, a espéré pour sa part « un changement de direction » alors que les relations entre la Commission et le gouvernement de Boris Johnson se sont dégradées en 2022, avec notamment la présentation d’un projet de loi britannique remettant en cause l’accord de retrait et son protocole sur l’Irlande du Nord.
La Commission européenne est toujours à la recherche « de nouveaux départs et tout ce qui pourrait nous aider à avancer sera le bienvenu », a réagi le porte-parole de la Commission, Eric Mamer, qui a ajouté : « Mais nos attentes n’ont pas changé et ce que nous attendons est une mise en œuvre complète de l’accord de retrait et de l’accord de commerce et de coopération ».
Vendredi 2 septembre, dans un discours prononcé devant l’association anglo-irlandaise, M. Šefčovič avait souligné que « notre partenariat (avec le Royaume-Uni) et la confiance qui le sous-tend exigent - et dépendent - du respect de ces engagements juridiquement contraignants ». Il a par ailleurs rappelé les grandes craintes de l’UE quant aux actions unilatérales britanniques. « Pour ma part, je suis prêt à travailler de manière intensive et constructive avec tout nouvel interlocuteur britannique pour trouver une solution commune dans le cadre du protocole. L'UE ne quittera jamais la table des négociations », avait-il ajouté. (Solenn Paulic)