Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, et le commissaire à l’Élargissement, Olivér Várhelyi, ont promis une nouvelle fois, lundi 5 septembre, que l’UE soutiendrait l’Ukraine aussi longtemps que possible.
« L’UE continuera à soutenir l’Ukraine, quel que soit le chantage que la Russie peut exercer sur nous », a souligné M. Borrell à l’issue du Conseil d’association UE/Ukraine, le premier depuis que l’Ukraine a obtenu son statut de candidat à l’adhésion à l’UE. Le Haut Représentant a précisé que l’UE poursuivrait son soutien politique, financier, humanitaire et militaire aussi longtemps que nécessaire. « Le premier objectif est d’aider l’Ukraine à finir la guerre (…) et l’objectif à long terme est de soutenir l’Ukraine à gagner la paix, ce qui signifie une Ukraine moderne, démocratique, indépendante et prospère », a-t-il ajouté.
Le Premier ministre ukrainien, Denys Shmyhal, a prévenu que son pays avait besoin de plus d’armes, de défense antiaérienne, de chars, et a appelé à continuer d’alourdir les sanctions à l’encontre de la Russie, notamment avec un embargo sur l’énergie et l’exclusion de Swift des banques russes.
« Malgré la guerre, nous nous recentrons sur nos choix conscients, délibérés, de faire partie de l’UE (…) et on espère que le chemin sera le plus court possible, que cela ne prendra pas des dizaines d’années », a souligné M. Shmyhal espérant avoir rempli toutes les conditions nécessaires d’ici la fin de l’année ou le début de l’année prochaine.
MM. Borrell et Várhelyi ont reconnu les progrès de l’Ukraine dans les réformes. « Les réformes avancent à un rythme admirable malgré, ou peut être en raison, de l’agression russe », a souligné le Haut Représentant, alors que le commissaire a expliqué que l’État continuait à fonctionner malgré la guerre. M. Borrell a ainsi souligné les progrès en termes de lutte contre la corruption et des droits de l’homme, notamment la ratification de la convention d’Istanbul. Il a cependant rappelé que l’Ukraine devait toujours ratifier le statut de Rome pour devenir pleinement membre de la Cour pénale internationale.
Par ailleurs, la coopération pourrait se renforcer dans le domaine des télécommunications, M. Varhelyi ayant annoncé que l’UE exploitait les options juridiques pour associer pleinement l’Ukraine à la fin des frais d’itinérance.
Le Premier ministre ukrainien, pour sa part, a proposé que son pays aide l’UE dans sa recherche d’indépendance énergétique vis-à-vis de la Russie. « Nous pouvons remplacer les importations russes. Nous avons 30 milliards de m³ de gaz en stock et on pourrait en céder une partie », a-t-il expliqué.
Signature de quatre accords sectoriels
En marge du Conseil d'association, la Commission européenne et le gouvernement ukrainien ont signé quatre accords sectoriels.
Le premier porte sur un nouveau programme d'aide budgétaire de 500 millions d'euros qui permettra d'assurer le logement et l'éducation des personnes déplacées à l'intérieur du pays et des rapatriés et de soutenir le secteur agricole ukrainien.
De plus, un accord a été conclu pour associer l'Ukraine au programme Europe numérique, permettant aux entreprises, organisations et administrations publiques ukrainiennes d'accéder aux appels du programme. Kiev pourra notamment demander un financement et un soutien pour des projets dans les domaines des supercalculateurs, de l’intelligence artificielle, des compétences numériques avancées et de la garantie d'une large utilisation des technologies numériques dans l'ensemble de l'économie et de la société, notamment par l'intermédiaire des centres d'innovation numérique.
Enfin, la Commission et l’Ukraine ont signé deux accords ouvrant la voie à la participation de l'Ukraine aux programmes Douanes et Fiscalis de l'UE. La participation de l'Ukraine au programme Douanes comprendra une connexion au réseau douanier commun sécurisé (CCN/CSI), nécessaire à l'Ukraine pour appliquer le nouveau système de transit informatisé (NSTI) (EUROPE 12994/14). Cette connexion est essentielle pour le pays lorsqu'il adhérera, le 1er octobre, à la convention entre l'UE et les pays de transit commun relative à une procédure de transit commune et celle sur la simplification des formalités dans les échanges de marchandises. (Camille-Cerise Gessant)