À l’issue d’une réunion virtuelle, les ministres des Finances des pays du G7 (l'Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni) se sont engagés à « travailler d’urgence » à l’établissement d’un plafonnement du prix du pétrole russe, vendredi 2 septembre, dans un communiqué commun.
« Nous confirmons aujourd’hui notre intention politique commune de finaliser et de mettre en œuvre une interdiction complète des services permettant le transport maritime de pétrole brut et de produits pétroliers d’origine russe dans le monde entier - la fourniture de ces services ne serait autorisée que si le pétrole et les produits pétroliers sont achetés à un prix inférieur ou égal à un prix (plafond) », indique ainsi le communiqué.
Ce prix plafond sera fixé à un niveau basé sur « une série de données techniques » et sera déterminé par l’ensemble de la coalition de pays participant à cette mesure avant sa mise en œuvre dans chaque juridiction. Son niveau pourra ensuite être revu, si nécessaire, sur base du suivi de l’efficacité et de l’impact du plafonnement.
À travers cette mesure, les pays du G7 entendent réduire les revenus russes et la capacité de la Russie à financer sa guerre d’agression contre l’Ukraine, tout en limitant l’impact de cette guerre sur les prix mondiaux de l’énergie, en particulier pour les pays à revenu faible ou intermédiaire.
Selon eux, cette mesure peut en effet « s’avérer particulièrement bénéfique » pour ces pays qui souffrent particulièrement des prix élevés de l’énergie et des denrées alimentaires.
Le communiqué souligne en outre que les pays du G7 établiront en parallèle des « mécanismes d’atténuation ciblés » visant à garantir que les pays les plus vulnérables et les plus touchés conservent un accès aux marchés de l’énergie, y compris ceux de la Russie.
Il invite également « tous les pays » à apporter leur contribution à la conception du plafonnement des prix et à mettre en œuvre cette mesure, afin de maximiser son efficacité.
L’UE à la recherche de l’unanimité
Ayant participé à la réunion, le commissaire européen à l’Économie, Paolo Gentiloni, a estimé que la déclaration du G7 'Finances' renforce le sixième paquet de sanctions visant la Russie que l’Union européenne a adopté en juin (EUROPE 12965/9), en élargissant aux pays du G7 le ban sur l’importation du pétrole russe tout en autorisant la poursuite de son commerce dans le monde, mais à un prix plus faible.
Il a assuré que la Commission jouerait son rôle dans la recherche de l’unanimité des 27 États membres afin d’appliquer dans l’UE le plafond tarifaire sur le pétrole russe importé conformément au calendrier prévu dans le sixième paquet de sanctions, à savoir le 5 décembre 2022 pour le pétrole brut et le 5 février 2023 pour les produits pétroliers.
La Russie prête à suspendre ses livraisons
Du côté de la Russie, le vice-premier ministre russe chargé des questions énergétiques, Alexandre Novak, a prévenu que son pays « ne livrera simplement plus de pétrole ou de produits pétroliers aux compagnies ou aux pays qui imposent de telles restrictions ».
Jugeant l’idée d’un plafonnement « complètement absurde », il a déclaré que cette mesure provoquerait une déstabilisation du marché dont « les consommateurs européens et américains seraient les premiers à payer le prix », selon des propos rapportés par l’AFP.
Le coordinateur des sanctions au département d’État américain, James O’Brien, pour sa part, a estimé que « la Russie a besoin de laisser sa machine énergétique fonctionner et a besoin de l'argent (issu de ses exportations énergétiques) ».
Moscou a en outre déclaré que les sanctions à l’égard de la Russie menacent le fonctionnement de Nord Stream 1 en provoquant une pénurie de pièces de rechange.
D’après le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, le fonctionnement de tout le système est menacé, car il n’y a pas de réserves pour remplacer, si nécessaire, la seule turbine en fonctionnement.
Cette déclaration intervient le jour de la fin des opérations de maintenance réalisées sur Nord Stream 1. Démarrées le 31 août, celles-ci avaient provoqué l’interruption totale des livraisons de gaz russe à l’Europe via ce gazoduc (EUROPE 13011/26).
Alors que d’aucuns craignaient que cette interruption soit prolongée, les ordres d’expédition publiés par l’opérateur Nord Stream indiquent que les flux de gaz devraient reprendre à leur niveau précédant les travaux de maintenance, à savoir 20%, à partir de 02h00 heures du matin.
Lien vers le communiqué du G7 : https://aeur.eu/f/2ww (Damien Genicot avec Mathieu Bion)