L’ambassadeur James O’Brien, coordinateur des sanctions au Département d’État américain, a mis en avant, vendredi 2 septembre, la mise en œuvre des sanctions à l’encontre de la Russie, estimant que celles-ci fonctionnaient.
« La mise en œuvre des sanctions est la pièce cruciale », a-t-il souligné lors d’une rencontre avec quelques journalistes, dont EUROPE, à Bruxelles.
M. O’Brien a estimé que les sanctions fonctionnaient. « La Russie vend son pétrole à un prix très inférieur au prix mondial. L'économie russe a du mal à acheter des intrants clés, notamment dans les secteurs de l'énergie, de la haute technologie et de la défense », a-t-il expliqué.
Selon l’ambassadeur, les sanctions introduisent des frictions et de l'incertitude dans le système russe. « La Russie se trouve aujourd'hui dans une situation où elle doit s'approvisionner auprès de fournisseurs inconnus à des prix incertains et obtenir des équipements de qualité inconnue. Il est impossible de faire fonctionner une économie moderne sur cette base », a-t-il expliqué.
M. O’Brien, qui a pris son poste en avril, a estimé que la structure initiale des sanctions a été, « d'une certaine manière, incroyablement ingénieuse et d'une portée beaucoup plus grande que ce à quoi les Russes s'attendaient ».
Le représentant américain a prévenu que la pression devrait s’intensifier au cours des prochains mois. « Nous ferons davantage pour intensifier cette pression en nous concentrant spécialement sur les points d'étranglement de l'économie russe. Et nous le ferons toujours avec nos partenaires », a-t-il précisé.
Selon l'ambassadeur, il y a encore de la marge pour imposer de nouvelles mesures et il s’agit « d'anticiper la façon dont la Russie va essayer de répondre et de contourner les sanctions ». « Nous allons construire une coalition plus forte et lui refuser certaines des techniques de contournement qu'elle pourrait tenter », a-t-il précisé.
Concernant les lacunes à combler, l’ambassadeur a précisé que les États-Unis étaient « très concentrés sur les technologies qui bénéficieront au secteur de la défense, donc la haute technologie, la technologie à double usage ». « Il est très difficile pour la Russie d'en obtenir suffisamment à un prix prévisible et par des canaux prévisibles. Donc, ce que nous voulons, c'est nous assurer qu'il n'y a pas de porte dérobée (...) pour obtenir cet équipement », a-t-il expliqué. « Il en va de même pour le financement, car la Russie est largement exclue de toute forme d'investissement financier mondial. Et nous voulons être sûrs qu'ils ne peuvent pas recréer leur accès aux réseaux financiers mondiaux ». Selon lui, ce que l'UE a fait avec le retrait de SWIFT des banques russes est important.
Conscient que la Russie essayait de passer par d’autres pays pour obtenir ce dont elle a besoin, « en particulier en Asie centrale, à travers les Caucase », M. O'Brien a précisé que ces pays avaient besoin de débouchés économiques alternatifs. « L'une des choses que nous faisons avec nos partenaires européens est de nous assurer que ces économies ont une autre voie plutôt que de simplement aider la Russie. Et je pense que nous constatons de bons progrès dans ce domaine », a-t-il souligné. (Camille-Cerise Gessant)