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Bulletin Quotidien Europe N° 12925
Invasion Russe de l'Ukraine / Ukraine

Atrocités commises par l’armée russe, l’UE va avancer de toute urgence sur les sanctions

Condamnant avec la plus grande fermeté les atrocités commises par les forces armées russes dans un certain nombre de villes ukrainiennes occupées aujourd'hui libérées, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a prévenu, lundi 4 avril, que l’UE allait faire avancer « de toute urgence » les travaux sur de nouvelles sanctions à l'encontre de la Russie.

De nombreux dirigeants européens ont condamné ces atrocités, parfois qualifiées de « crimes de guerre » et ont appelé à des mesures supplémentaires. De nouvelles mesures devraient être étudiées par les ambassadeurs des États membres auprès de l’UE mercredi 6 avril. Selon le commissaire Paolo Gentiloni, « toutes les sanctions possibles restent sur la table, maintenant plus que jamais ». Cependant, les États membres sont toujours divisés sur un embargo sur l’énergie russe.

De son côté, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, a exigé de nouvelles sanctions du G7, dont un embargo sur l'énergie, la fermeture des ports à tout bateau ou marchandise russe et la déconnexion de toutes les banques russes de Swift

Dans sa déclaration au nom de l’UE, le Haut Représentant a souligné la pleine solidarité de l’UE avec l’Ukraine et son peuple « en ces heures sombres que connaît le monde entier », ajoutant que l’Union continuerait de soutenir fermement le pays. Dans sa déclaration au nom de l’UE, M. Borrell a estimé que « les images effroyables des très nombreux civils morts ou blessés et des infrastructures civiles détruites » montraient le « vrai visage » de la guerre menée par la Russie. « Les massacres qui ont été perpétrés à Boutcha et dans d'autres villes ukrainiennes seront inscrits sur la liste des atrocités commises sur le sol européen », a prévenu M. Borrell.

Selon le procureur général d'Ukraine, Iryna Venediktova, les corps sans vie de 410 civils ont été retrouvés dans les territoires de la région de Kiev récemment repris aux troupes russes. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a accusé la Russie de « génocide ».

Le chef de la diplomatie européenne a estimé que les autorités russes étaient responsables de ces atrocités commises alors qu'elles avaient le contrôle effectif de la région et qu’elles étaient soumises au droit international de l'occupation. Selon lui, « les auteurs de crimes de guerre et d'autres violations graves ainsi que les représentants gouvernementaux et les chefs militaires responsables devront répondre de leurs actes ».

« Les images déchirantes ne peuvent pas et ne seront pas laissées sans réponse. Les auteurs de ces crimes odieux ne doivent pas rester impunis », a également souligné la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans un communiqué, après s’être entretenue avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

Recueillir des preuves

Le Haut Représentant de l'UE a rappelé que l’UE soutenait toutes les mesures visant à faire en sorte que les forces armées russes rendent compte des violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire commises en Ukraine.

Il a précisé que l’Union aidait le procureur général et la société civile d'Ukraine dans les efforts de collecte et de préservation des preuves des crimes de guerre.

De son côté, Mme von der Leyen a annoncé que l’UE avait mis en place avec l'Ukraine une équipe d'enquête commune chargée de recueillir des preuves et d'enquêter sur les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité, expliquant que l’Union était prête à renforcer cet effort en envoyant des équipes d'enquête sur le terrain pour soutenir les services de poursuites ukrainiens. « Eurojust et Europol sont prêts à apporter leur aide », a-t-elle ajouté. Selon Mme von der Leyen, des discussions sont en cours entre Eurojust et la Cour pénale internationale pour unir leurs forces et pour que la Cour fasse partie de l'équipe d'enquête commune.

« Cette approche coordonnée des autorités ukrainiennes, de l'UE, de ses États membres et de ses agences et de la Cour pénale internationale permettra de recueillir, d'analyser et de traiter les preuves de la manière la plus complète et la plus efficace possible », selon la présidente de la Commission européenne.

Mme von der Leyen a annoncé avoir chargé le commissaire à la justice, Didier Reynders, d'assurer le suivi et de prendre contact avec le procureur général ukrainien.

Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, quant à lui, a plaidé pour la création d’une commission d'enquête internationale sur « le génocide », les « massacres sanglants commis par des Russes, des soldats russes » dans des villes ukrainiennes. Il avait appelé, dimanche 3 avril, à la tenue d’un Conseil européen extraordinaire.

La Russie a nié être responsable de ces atrocités, appelant à une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies pour discuter d’une « provocation des radicaux ukrainiens » à Boutcha. (Camille-Cerise Gessant)

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