Le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a souligné, lundi 4 avril, ses préoccupations concernant de possibles exactions dans le village de Moura, dans la région malienne de Mopti, en début de semaine dernière.
Des opérations menées par les forces armées maliennes accompagnées de mercenaires russes auraient causé la mort de centaines de personnes.
« Ces nouvelles allégations d'exactions, à la suite des événements de Nampala, Dogofry et Diabaly sur lesquels les éléments d'enquête préliminaire n'ont pas encore été rendus publics, affaiblissent davantage la stabilité et mettent en danger la coexistence entre différentes communautés », a prévenu M. Borrell dans un communiqué. Selon lui, il est essentiel que la MINUSMA puisse avoir accès aux lieux des événements afin d'épauler les autorités de transition dans leur enquête. De même, il est essentiel que les conclusions de ces enquêtes soient rendues publiques afin que les responsables soient traduits devant la justice, a ajouté le Haut Représentant.
M. Borrell a rappelé que la lutte contre le terrorisme ne pouvait en aucun cas justifier des violations massives des droits de l’homme. « Le comportement exemplaire de l’État et de ses forces de sécurité, dont le mandat premier est de protéger les populations civiles, ne peut souffrir d’aucune exception. L’impunité doit être combattue avec sévérité et la plus grande urgence », a-t-il expliqué. (Camille-Cerise Gessant)