Une trentaine de chefs d'État ou de gouvernement ont promis, vendredi 11 février à Brest, à l'occasion du One Ocean Summit organisé par le président français, Emmanuel Macron, d'en faire plus pour protéger l'océan, notamment grâce à des traités mondiaux de protection de la haute mer et contre la pollution par le plastique.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé le lancement d'une coalition comptant les 27 États membres de l'UE et 13 autres pays pour conclure un traité destiné à protéger la haute mer, qui n'est sous la juridiction d'aucun État. Des négociations, en cours sous l'égide de l'ONU depuis 2018, ont été interrompues par l'épidémie de Covid-19. La quatrième et théoriquement dernière session de négociations est prévue en mars à New York.
Les États-Unis ont annoncé pour leur part soutenir le lancement de négociations sous l'égide de l'ONU pour un accord international contre la pollution par le plastique. Les États-Unis rejoignent ainsi une dizaine de pays et l'ensemble de l'Union européenne. Le lancement de ces négociations sera examiné lors de la 5e Assemblée des Nations unies pour l'environnement, fin février, afin d'aboutir à un accord international contre la pollution provoquée par les 8,3 milliards de tonnes de plastiques produits depuis les années 1950. « Nous avons besoin d'un accord qui assure le plus haut niveau d'ambition possible », a réclamé l'émissaire américain pour le climat, John Kerry.
Le président de la Polynésie française, Édouard Fritch, a annoncé le projet d'une « aire marine protégée de plus de 500 000 km2 » et des zones réservées à la pêche côtière sur une surface équivalente.
Emmanuel Macron a aussi réclamé la suppression des subventions publiques encourageant la surpêche et la pêche illicite, sujet en cours de discussion à l'Organisation mondiale du commerce. Il a aussi promis d'en faire plus pour protéger les tortues, avec des dispositifs évitant qu'elles restent coincées dans les filets.
Lutte contre la pêche illégale. M. Macron a également évoqué un renforcement du cadre européen de lutte contre la pêche illégale, « qui est un fléau ». La France, l'Italie, le Danemark, le Portugal et les Pays-Bas ont constitué un petit groupe, appelé à s’étendre à d’autres pays, qui va mettre en place une action pour contrôler et sanctionner les activités de pêche illicite dans le golfe de Guinée et le canal du Mozambique, a expliqué le président français. M. Macron a par ailleurs salué la décision de l’Islande de « mettre un terme à la pêche à la baleine ».
Cétacés. M. Macron a évoqué les initiatives en France pour « éviter les captures accidentelles » de cétacés dans le golfe de Gascogne. « Mais la situation n’est pas satisfaisante, nous allons accélérer les mesures. Les pêcheurs vivent des moments très durs », a-t-il admis.
Engagement plein et entier de l’UE. Le président du Conseil européen, Charles Michel, a insisté sur l’importance des prochains mois pour passer réellement des paroles aux actes. Fin février, il faudra « tenter d'éliminer la pollution plastique de nos océans et des mers ». En mars, à New York, il s'agira de faire en sorte que l'on puisse enfin avoir, 40 ans après la Convention sur le droit de la mer, « un accord pour une convention sur la biodiversité marine en haute mer ».
Il faudra aussi, a souligné M. Michel, faire en sorte que l'on soit conséquent lorsqu'il s'agit, par exemple, de lutter contre la pêche illicite ou illégale. (Lionel Changeur)