Le Premier ministre ukrainien, Denys Chmyhal, a fait part, lundi 31 janvier, de ses espoirs concernant une possible adhésion de son pays à l’UE.
Malgré la situation avec la Russie, l’Ukraine « poursuit ses réformes et tente de construire un pays européen solide et stable qui, j'en suis sûr, rejoindra l'UE dans peu de temps », a estimé le Premier ministre lors d’une conférence de presse à Kiev avec le vice-président exécutif de la Commission, Valdis Dombrovskis.
Soulignant que son pays était prêt à faire encore plus d’efforts pour utiliser tout le potentiel de l’accord d’association, il a souhaité connaître la date à laquelle l’Ukraine pourrait adhérer à l'UE. M. Dombrovskis n’a fait aucun commentaire à ce sujet.
Le Premier ministre s’est aussi donné deux ans pour mettre en œuvre le ‘régime sans visa’ de son pays dans cinq domaines : l’espace aérien, l’industrie avec l’accord sur la conformité et l'acceptation des produits industriels, l’énergie, avec une intégration du système énergétique de l’Ukraine à celui de l’UE, les douanes, et enfin, le numérique, avec l’intégration au marché numérique européen.
M. Chmyhal a rappelé le souhait ukrainien de renforcer les liens économiques et commerciaux et de poursuivre le travail entamé dans le cadre de l'accord d'association et de la zone de libre-échange renforcée entre les deux parties. Pour lui, des détails supplémentaires sur la marche à suivre pourront être apportés lors de la réunion du comité au sein de l'Accord d'association, en avril. Depuis 2016, l'UE et l'Ukraine suppriment progressivement la quasi-totalité des tarifs sur leurs échanges commerciaux.
Ces sujets pourront être discutés lors du Conseil d’association prévu le 7 avril prochain.
De son côté, le vice-président est principalement revenu sur la situation sécuritaire de l’Ukraine, rappelant le soutien de l’UE à l’Ukraine, notamment financier. Il a annoncé que la Commission allait adopter, ce 1er février, un nouveau programme d'aide macrofinancière d'urgence de 1,2 milliard d'euros, qui fait suite à l’annonce de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, du 24 janvier (EUROPE 12875/1).
« Nous espérons débourser la première tranche de 600 millions d'euros dès que possible », a-t-il expliqué, rappelant que pour ce déboursement, il fallait une adoption rapide par le Parlement européen et le Conseil de l’UE, un accord avec les autorités ukrainiennes sur les domaines de réformes à effectuer et la ratification du protocole d'accord par la Verkhovna Rada.
Le vice-président exécutif a ajouté que la Commission travaillait également sur un autre programme d'assistance macrofinancière à plus long terme pour l'Ukraine.
Solidarité avec les Ukrainiens
De son côté, une délégation du PE était à Mariupol lundi pour réaffirmer son soutien à l’Ukraine et aux Ukrainiens et pour montrer l’unité des Européens. « L'Ukraine doit être libre de choisir son avenir et ses alliés », a souligné la présidente de la sous-commission ‘Sécurité et Défense’, Nathalie Loiseau, ajoutant que rien de ce qui concerne l’avenir de l’Ukraine ne peut être décidé sans elle.
« Le renforcement militaire à la frontière ukrainienne est une forte préoccupation pour tous en Europe, car la sécurité de l’Ukraine est étroitement liée à celle de tout le continent européen », a ajouté le président de la commission des Affaires étrangères du PE, David McAllister. Le député européen a donc réitéré l’appel à la désescalade adressé par le PE à la Russie. « Cette crise ne peut être résolue que par des moyens diplomatiques », a-t-il ajouté, appelant des efforts continus pour apaiser les tensions et prévenant que « la balle est dans le camp russe ».
« La situation est sérieuse et nous la prenons sérieusement », a prévenu Mme Loiseau. Elle a ajouté que l’UE était sérieuse dans son aide à l’Ukraine, dans les efforts diplomatiques pour l’apaisement et dans sa fermeté en cas d’agression russe. (Camille-Cerise Gessant et Léa Marchal)