Le président français, Emmanuel Macron, a estimé, vendredi 7 janvier, que l’UE devait dialoguer avec la Russie.
En juin 2021 (EUROPE 12749/10), la France et l’Allemagne avaient proposé un sommet structuré avec le président russe, Vladimir Poutine, qui n’avait pas reçu un accueil chaleureux de la part de plusieurs États membres.
« Dialoguer, ce n’est pas concéder, c’est faire le point sur nos désaccords et essayer de construire l’avenir », a expliqué M. Macron lors d’une conférence de presse avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à Paris, précisant qu’il s’entretiendrait prochainement avec M. Poutine.
M. Macron a souhaité un dialogue « franc, exigeant, coordonné », reconnaissant que tous les États membres de l’UE n’ont pas la même histoire ni la même géographie avec la Russie.
Réfléchir à l’architecture sécuritaire européenne
Plus largement, M. Macron et Mme von der Leyen ont mis en avant leur volonté de réfléchir, sous Présidence française du Conseil de l’UE, à l’architecture sécuritaire européenne. « Il n’y aura de solution qu'avec l’UE » concernant cette architecture, a souligné Mme von der Leyen alors que les Européens sont exclus des discussions entre les États-Unis et la Russie sur l’Ukraine et des projets de traités sur les garanties de sécurité, adressés par la Russie aux États-Unis et à l’OTAN.
« L’architecture de sécurité européenne est avant tout la question des Européens et c’est donc à nous de proposer l’architecture que nous voulons », a dit M. Macron, ajoutant qu’il fallait la construire en Européens, la partager avec les Alliés de l’OTAN et le voisinage de l’UE, « car nous sommes une puissance géopolitique ». Selon une source gouvernementale française, il ne peut être envisagé que les accords qui ont créé cette architecture européenne soient remis en cause sans que les Européens ne soient associés. « Tout dialogue doit se faire avec des Européens à la table et pas au menu », a précisé cette source.
Pour le président français, la discussion sur l'architecture devra aussi se faire avec Moscou. « Nous avons besoin d'avoir un dialogue avec la Russie qui, par la géographie et l’histoire, est un acteur incontournable pour l’architecture sécuritaire européenne que nous devons bâtir », a-t-il estimé.
Alors que le traité sur les forces nucléaires de portée intermédiaire (FNI ou INF en anglais) entre les États-Unis et la Russie a pris fin en 2019, M. Macron - qui a porté la faute sur Washington alors que l'OTAN la fait porter à Moscou - s’est dit prêt à intégrer l’ensemble des questions militaires et de la maîtrise des armements en Europe dans les discussions. « Nous ne pouvons pas rester dans cette situation », a-t-il précisé. (Camille-Cerise Gessant)