Inquiets de la tournure que prend la future taxonomie de l'Union européenne, neuf membres de la plateforme sur la finance durable ont prévenu la Commission européenne qu’ils pourraient « reconsidérer » leur contribution à la plateforme, dans une lettre adressée à l'institution le 31 mars.
Mise en place par la Commission européenne, la plateforme sur la finance durable vise à rassembler des parties prenantes des secteurs public et privé afin de conseiller l’institution sur l’élaboration des critères techniques de sélection pour la taxonomie de l’UE (EUROPE 12572/27).
Or, selon les 5 ONG (le BEUC, BirdLife Europe, ECOS, Transports & Environnement et le WWF) et 4 experts signataires de la lettre, cet objectif est remis en question depuis la divulgation dans la presse d’une version provisoire de l’acte délégué établissant de nouveaux critères pour intégrer la taxonomie (EUROPE 12684/3).
Estimant que les critères relatifs à la sylviculture, à la bioénergie et aux gaz fossiles sont « en contradiction flagrante avec la science du climat », les neuf signataires craignent en effet que « la politique et le lobbying (…) l’emportent sur la science ».
Et d’ajouter : « Si le texte divulgué pour ces secteurs était adopté, la taxonomie deviendrait un outil de greenwashing au lieu d’être l’étalon-or de la lutte contre le greenwashing qu’elle était censée être ».
Ils exhortent par conséquent la Commission à exclure le gaz fossile, la sylviculture et la bioénergie de l’acte délégué, qui devrait être officiellement dévoilé le 21 avril.
Pour ces deux derniers secteurs, il est nécessaire de donner davantage de temps à la discussion « afin de trouver des critères climatiques adéquats et crédibles », soulignent les signataires.
Voir la lettre : https://bit.ly/3wuNFIH (Damien Genicot)