Le président du Conseil européen, Charles Michel, a annoncé, dimanche 4 avril, le retour à Tripoli, d’ici la fin du mois, de l’ambassadeur de l’UE en Libye, José Antonio Sabadell. En raison de la situation sécuritaire, la délégation, qui est actuellement composée de plus de 30 personnes, a été transférée en juillet 2014 à Tunis en Tunisie (EUROPE 11134/11) et effectue depuis lors des visites régulières en Libye.
« L'ambassadeur de l'UE reviendra de manière permanente à Tripoli à la fin de ce mois », a-t-il annoncé à l’issue de sa rencontre avec le Premier ministre libyen, Abdulhamid al-Dabaiba, et la ministre des Affaires étrangères libyenne, Najla Mangouch. D'autres membres de la délégation pourraient également être rapidement, et de manière permanente, réinstallés à Tripoli.
Si les ministres des Affaires étrangères français, italien et britannique se sont rendus en Libye le 25 mars (EUROPE 12686/31), M. Michel est le premier dirigeant européen à se rendre dans le pays depuis la prise de fonction des nouveaux dirigeants, début mars.
Depuis Tripoli, M. Michel, qui s'est aussi entretenu avec le nouveau président du Conseil présidentiel, Mohamed Almenfi, a salué les efforts des Libyens pour se rassembler « dans un esprit d'unité et de réconciliation nationales ».
« Vous avez créé une opportunité de reconstruire votre pays », a-t-il lancé aux Libyens, tout en prévenant qu’il y avait une condition préalable : « tous les combattants et troupes étrangers doivent quitter le pays ». De plus, selon lui, la mise en œuvre de l'accord de cessez-le-feu et le respect de l'embargo sur les armes des Nations unies seront cruciaux dans ce processus. « Nous encourageons toutes les institutions à assurer la préparation en temps voulu des élections du 24 décembre », a-t-il ajouté.
Alors que l’UE est déjà engagée envers le pays, par le biais du processus de Berlin, à soutenir activement la réconciliation nationale et qu'elle a fourni une assistance dans un large éventail de domaines, notamment la gouvernance économique et la prestation de services, le président du Conseil européen a annoncé que l’Union européenne était prête à accroître son engagement. Selon M. Michel, elle pourrait notamment apporter son expertise concernant la reprise économique et la gouvernance, la sécurité et la stabilisation fondées sur l'État de droit, les droits de l'homme, l'égalité des sexes et, « bien sûr », les migrations.
Selon une source européenne, le président du Conseil européen a partagé un certain nombre de propositions concrètes sur la façon dont le soutien de l'UE peut accompagner le gouvernement et la population libyenne dans cette transition. (Camille-Cerise Gessant)