Pour son tout dernier discours devant les ambassadeurs de l’UE, la Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a souligné, lundi 2 septembre, le rôle de premier plan au niveau mondial attendu de la part de l’UE.
« Le monde attend de l’UE qu’elle joue un rôle de premier plan », a-t-elle estimé dans son discours devant les ambassadeurs. Selon Mme Mogherini, « le monde attend que nous soyons un point de référence, un artisan de la paix, un fournisseur de sécurité et une voix de la rationalité ».
« Sommes-nous au courant, sommes-nous prêts à jouer ce rôle, voulons-nous le jouer ? » sont des questions qui lui sont posées, a-t-elle ajouté. Mme Mogherini a elle-même avoué qu'alors que lorsque les Européens mobilisent tous leurs outils « le pouvoir de notre engagement est immense », ces derniers se sous-estiment et ne réalisent pas pleinement à quel point ils peuvent être puissants.
Selon la Haute Représentante, pendant son mandat, « la présence de l’UE a grandi et évolué » dans le monde, et elle a vu une demande grandissante pour cette présence. « Les partenaires nous demandent de rester engagés, de continuer de soutenir la médiation, la promotion du commerce libre et juste ou la lutte contre le changement climatique », a-t-elle détaillé en forme d'exemples.
Et selon la Haute Représentante, il est de l’intérêt de l’UE « de rester fortement engagée et de manière cohérente dans les affaires du monde dans chaque région du globe ». « Plus le monde devient difficile, plus les partenaires ont besoin de nous à leurs côtés, sur la voie de la coopération et de la difficile recherche d’une solution gagnant/gagnant », a-t-elle plaidé.
Mme Mogherini a une nouvelle fois mis l’accent sur la nécessité de travailler dans le cadre du multilatéralisme « qui ne porte pas seulement sur les Nations Unies » et sur l’importance des partenariats, prenant l’exemple du partenariat avec l’Afrique. « Nous sommes passés de travailler pour l’Afrique à travailler avec l’Afrique », a-t-elle expliqué.
De plus, l’UE est passée d’une politique de gestion des crises et des urgences à une position de prévention des crises. « La résilience est au cœur de notre action », a expliqué la Haute Représentante, qui a aussi mis en avant la nécessité d’une diplomatie plus flexible et créative. Selon elle, il ne faut pas uniquement parler avec les gouvernements, mais aussi avec la société civile, le secteur privé et les autorités locales, « si on veut avoir un réel impact sur le terrain ».
Enfin, la Haute Représentante a une nouvelle fois incité à agir de manière plus cohérente et constante. « L'UE est ce que nous en faisons. Elle a besoin de la contribution de chacun. Elle a besoin de chaque nation, de chaque institution, de chaque citoyen », a-t-elle souligné. (Camille-Cerise Gessant)