Le négociateur de l’UE pour la sortie ordonnée du Royaume-Uni, Michel Barnier, a rappelé, jeudi 29 août sur son compte Twitter, que l’UE « en toutes circonstances, continuera à protéger les intérêts de ses citoyens et entreprises, tout comme les conditions pour la paix et la stabilité sur l’île d’Irlande ».
Le négociateur s’exprimait au lendemain de l’annonce du Premier ministre britannique de la suspension des travaux du Parlement britannique du 9 septembre au 14 octobre, une décision perçue outre-Manche comme une façon d’empêcher le Parlement de contrer une éventuelle sortie sans accord au 31 octobre (EUROPE 12315/2).
Ce rappel du négociateur de l’UE s’inscrit dans la foulée des déclarations de certains ministres de la Défense et des Affaires étrangères le même jour à Helsinki, notamment celle du ministre estonien de la Défense, Urmas Reinsalu, qui a rappelé la position très « claire » de l’UE, qui consiste en la « solidarité avec l’Irlande ». Le ministre a aussi rappelé que le ‘no deal’ resterait « le pire des scénarios pour les deux côtés de la Manche », bien que l’UE s’y tienne prête.
Mercredi, le Premier ministre britannique avait demandé à la Reine une interruption des travaux du Parlement afin d’avoir les mains libres dans la direction à donner à la sortie du pays de l’UE au 31 octobre. « Cela se passe chaque année », a minimisé le Secrétaire d’État britannique à la Défense, Ben Wallace, à Helsinki, face à la tempête politique créée outre-Manche, faisant notamment référence à une période de vacances parlementaires traditionnelles d’environ 1 semaine, chaque année en septembre.
Cette suspension, de 5 semaines cette fois, a été qualifiée d’« outrage constitutionnel » par John Bercow, le leader de la Chambre des Communes, et commençait, jeudi 29 août, à être contestée par la société civile, une pétition ayant notamment été lancée pour empêcher cette suspension. Elle avait recueilli plus d’un million de signatures en milieu d’après-midi. Des recours devant la Haute Cour de justice du Royaume-Uni ont également été déposés par des particuliers.
Parallèlement, les échanges se poursuivent entre Européens et Britanniques, le négociateur britannique, David Frost, étant à nouveau attendu la semaine prochaine à Bruxelles, après un passage le 28 août, en vue d’échanges continus jusqu’à la fin octobre. (Solenn Paulic)