login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12316
SÉCURITÉ - DÉFENSE / SÉcuritÉ maritime

Les États membres de l'UE vont renforcer leur coopération

La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a annoncé, jeudi 29 août, la mise en place prochaine du concept de 'présence maritime coordonnée'.

« Tous les États membres ont montré de l’intérêt à poursuivre le travail » sur ce concept « très flexible », a-t-elle annoncé à l’issue de la réunion informelle des ministres de la Défense à Helsinki. Alors que les travaux techniques n'en sont qu'à leur début, Mme Mogherini a espéré qu'ils pourraient être conclus « dans les tout prochains mois » (couple of months).

Concrètement, ce concept permettrait d’utiliser la présence de moyens nationaux dans certaines zones, « mis ensemble sur une base volontaire et qui resteraient sous commandements nationaux, afin de partager les analyses et de promouvoir la coopération internationale en mer et les partenariats avec les pays côtiers », selon Mme Mogherini. « Il y a une menace grandissante sur la liberté et la sécurité de navigation. La sécurité maritime est mise au défi par des rivalités géostratégiques grandissantes, la piraterie, le crime organisé... », a-t-elle justifié, précisant qu’il y avait une demande croissante pour que l’UE ait un rôle pour assurer la sécurité en mer.

Selon la Haute Représentante, la coordination qui sera mise en place sera la même que celle qui existe à Brest dans le cadre du Centre de sécurité maritime pour la Corne de l’Afrique (MSC-HOA).

Il ne s’agit pas de se substituer aux missions de PSDC que l’UE « a et continuera d’avoir dans le futur », mais d’être un outil complémentaire additionnel, a précisé Mme Mogherini.

Une fois le concept finalisé, un premier test sera mené dans le Golfe de Guinée.

La décision de mettre en place le concept de présence maritime coordonnée intervient alors que les Européens discutent de possibles actions dans le Détroit d’Ormuz.

Toutefois, selon Mme Mogherini, il s’agit d’un hasard. Selon elle, les discussions sur ce concept ont débuté il y a quelques mois. « Cela n’est pas lié à des tensions spécifiques, ce n’est pas lié aux tensions dans le Golfe », a-t-elle affirmé. Ces propos ont été confirmés par une source européenne qui a précisé que l’idée était discutée à la suite des tensions dans le détroit.

Un concept applicable au détroit d'Ormuz ?

Interrogée sur la possibilité d'appliquer un tel concept au détroit d’Ormuz, Mme Mogherini n’a pas exclu cette option « dans le futur», affirmant cependant qu’il était « trop tôt pour le dire ». À l’issue de cette conférence de presse, les ministres des Affaires étrangères devaient discuter de la situation au Moyen-Orient et, notamment, de la sécurité dans le Détroit d’Ormuz. À leur arrivée au Conseil, les ministres étaient divisés quant à une possible action européenne dans la zone.

Selon la ministre française de la Défense, Florence Parly, certains États européens voudraient déployer dans la région des moyens pour assurer « une présence dissuasive ». « Nous ne voulons pas être dans un dispositif d'escorte des navires, mais nous voulons assurer une présence dissuasive », a-t-elle expliqué à l’AFP. La ministre a indiqué que le nombre d’États membres prêts à s’engager se « compte sur les doigts d'une main », espérant que la réunion permettrait d’augmenter le nombre de pays participants. « Mais le dispositif se fera avec les moyens existants, dont il faudra tirer le meilleur parti », a-t-elle ajouté, alors que la France maintient en permanence une frégate dans la zone. Pour la ministre, l’objectif est de « garantir la libre navigation et la sécurité des navires dans cette région vitale pour le transport des hydrocarbures ».

« Tout ce qui peut contribuer à la désescalade peut aider (…) c’est pour cela qu’il va s’agir de savoir comment on fait pour ce qui est de la situation dans le détroit d’Ormuz », a précisé pour sa part le ministre allemand, Heiko Maas.

D’autres ministres se sont montrés plus réservés à leur arrivée au Conseil.

Selon le ministre luxembourgeois Jean Asselborn, l’UE n’est pas disposée, politiquement, à avoir une mission militaire. « L’UE n’a aucun intérêt à exercer encore davantage de pression militaire sur l’Iran, il faut rester sur la ligne de la désescalade que l’on a prêchée. Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas une mission, disons de surveillance », a-t-il précisé à EUROPE, citant en exemple la mission Atalanta de l’UE dans la Corne de l’Afrique.

Le ministre estonien Edgars Rinkevics a estimé que l’UE devait être plus active aux niveaux diplomatique et politique. Cependant, cela ne doit pas se traduire nécessairement en une mission militaire. « Si nous parlons de mission maritime, nous devons examiner en premier lieu la loi internationale », a-t-il expliqué, ajoutant qu’il fallait être « très prudent afin d'éviter tout type d’escalade militaire ». Il a ajouté que son pays était « très loin de tout type de position soutenant tout type d’engagement » dans la zone.

Une source européenne a précisé qu'il était compliqué de mettre en place une mission d'observation en mer, car cela se ferait avec des navires militaires et qu'un accrochage pouvait arriver. Elle a ajouté que, pour avoir un apaisement, il fallait jouer l'apaisement. (Camille-Cerise Gessant avec Pascal Hansens)

Sommaire

SÉCURITÉ - DÉFENSE
ACTION EXTÉRIEURE
INSTITUTIONNEL
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉDUCATION
BRÈVES