La Haute Représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, s’est montrée, jeudi 29 août, favorable à un sommet bilatéral entre le président américain, Donald Trump, et le président iranien, Hassan Rohani, tout en rappelant l’importance de préserver l’accord plurilatéral existant sur le nucléaire iranien.
« Je suis toujours favorable aux discussions. Plus les personnes se parlent et se comprennent, mieux c’est, sur la base de la clarté et du respect », a-t-elle expliqué à son arrivée à la réunion ministérielle informelle des ministres européens de la Défense. « Nous avons travaillé pour préserver l'accord nucléaire avec l'Iran. Et il est évident que, dans le plein respect de ses dispositions, davantage de travail pourrait être fait », a-t-elle ajouté.
Pour le chef de la diplomatie luxembourgeoise, Jean Asselborn, une discussion au plus haut niveau entre les États-Unis et l’Iran aiderait beaucoup. L'Allemand Heiko Maas a également salué le fait qu'il y ait « une disposition à plus de dialogue du côté des États-Unis ». « Maintenant, il s’agit de rendre cela opérationnel et de faire en sorte que chacun contribue, même l’Iran, à un apaisement dans la région », a-t-il ajouté.
Leur homologue finlandais, Pekka Haavisto, s’est montré plus prudent. « Il est trop tôt pour dire quels seront les résultats, mais il est très important que l’initiative existe », a-t-il estimé.
De l'avis des Européens, ces discussions ne doivent pas remettre en cause l’accord obtenu en 2015. « Avant tout, ce qui existe doit être préservé », a souligné la Haute Représentante, appelant au plein respect du plan d’action conjoint (JCPOA). Un point de vue partagé par le chef de la diplomatie luxembourgeoise pour qui, si un nouvel accord était envisageable, il ne faut pas « casser » celui de 2015 sans le remplacer.
Jeudi, le vice-ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Aragchi, a prévenu que son pays ne discuterait pas avec les États-Unis tant que les sanctions américaines ne seront pas assouplies.
« Aucun pays ne négociera sous la pression, spécialement la pression maximale des États-Unis. Si vous négociez quand il y a une pression maximale, ce sera une négociation de capitulation, pas une réelle négociation », a-t-il indiqué. (Camille-Cerise Gessant avec Pascal Hansens)