Une urgence environnementale et climatique est l’invitée de dernière minute du sommet du G7 de Biarritz (24-26 août), sur proposition du président français Emmanuel Macron : les incendies qui ravagent la forêt amazonienne depuis juillet.
Qualifiant cette catastrophe de « crise internationale », M. Macron a lancé, jeudi 22 août au soir, un appel à la mobilisation des dirigeants du G7, sous le hashtag #AgirpourlAmazonie.
« Notre maison brûle. Littéralement. L’Amazonie, le poumon de notre planète qui produit 20% de notre oxygène, est en feu. C’est une crise internationale. Membres du G7, rendez-vous dans deux jours pour parler de cette urgence », a-t-il déclaré sur son compte Twitter.
Vendredi 23 août en fin d'après-midi, la Présidence française du G7 assurait que les conseillers diplomatiques nationaux étaient mobilisés « pour avoir des initiatives concrètes pour l'Amazonie, qui pourraient se matérialiser au G7 ».
Même sentiment d'urgence du côté des institutions européennes
« Comme des millions de personnes dans le monde, je suis très préoccupé par les incendies de forêt au Brésil. Ils représentent une menace pour notre planète entière, pas seulement pour le Brésil ou l'Amérique du Sud. En ce qui concerne le changement climatique, la situation est extrêmement grave et nous devons agir immédiatement », a déclaré le Premier ministre finlandais, Antti Rinne, sur son compte Twitter.
La situation au Brésil sera discutée également au sein du Conseil européen, a-t-il assuré, vendredi.
De son côté, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, qualifiant la forêt amazonienne de « ressource vitale pour l'humanité, clé dans la lutte contre le changement climatique », a déclaré: « La protéger et lutter contre les incendies est une responsabilité commune. L'UE est prête à faire sa part et à mettre son expérience au service de nos partenaires du bassin amazonien. »
Interrogée par la presse, la Commission européenne s'était dite «extrêmement préoccupée», l'Amazonie étant la forêt tropicale la plus grande au monde, qui renferme des milliers d’espèces.
« Nous sommes disposés à apporter notre aide », notamment via des cartes satellitaires du programme Copernicus, avait indiqué Mina Andreeva, une porte-parole de l'institution. Pour ce faire, la demande doit en être faite par les autorités brésiliennes.
À la question de savoir si la Commission compte accroître les pressions économiques sur le Brésil pour inciter le président Jair Bolsonaro à stopper la déforestation, la porte-parole a renvoyé aux propos de la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström : « Le meilleur outil, c’est le Mercosur. C'est le premier accord commercial contenant des dispositions pour mettre en œuvre l’Accord de Paris. C'est une manière d’encourager le Brésil à respecter l'Accord de Paris et d'autres Conventions environnementales » (EUROPE 12302/15).
Jeudi, sur son compte Twitter, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’était déclaré « profondément préoccupé par les incendies dans la forêt tropicale de l’Amazonie ». Selon lui, « en pleine crise climatique mondiale, nous ne pouvons pas nous permettre d’endommager davantage une source majeure d’oxygène et de biodiversité. L'Amazonie doit être protégée ». Il participera au G7 de Biarritz (EUROPE B12311A1).
L’Amazonie représente entre 17 et 20% des ressources en eau de la planète, 6,7 millions de km2 de forêt, 10% de la biodiversité mondiale, 20% de l'oxygène de la terre et c'est l’habitat de plus de 34 millions de personnes, avait rappelé le WWF, la veille, soulignant combien le monde a à perdre avec les incendies de cette forêt tropicale. Et de déplorer « l'insuffisance de mesures pour stopper sa destruction ».
La réponse de Jair Bolsonaro à M. Macron ne s'est pas fait attendre : « Le gouvernement brésilien reste ouvert au dialogue fondé sur des données objectives et le respect mutuel. La proposition du président français de discuter des questions amazoniennes au sein du G7 sans la participation des pays de la région évoque une mentalité colonialiste qui n'a pas sa place au XXIe siècle ».
Les feux de forêt au Brésil ont augmenté de 84 % depuis le début de l’année 2019 (avec près de 75 000 incendies) par rapport à la même période en 2018. (Aminata Niang)