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Bulletin Quotidien Europe N° 12312
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The B-word : la newsletter d’Agence Europe sur le Brexit / The b-word

Le B-Word est de retour, Boris est le patron et le Brexit est… toujours aussi déconcertant

Boris Johnson a été vu tout sourire et montrant du poing en signe de triomphe après ses entretiens avec les dirigeants allemand et français cette semaine (EUROPE 12311/3). Mais ce que le Royaume-Uni voit comme une concession, à savoir 30 jours pour proposer un nouveau plan au sujet de la frontière irlandaise, est interprété comme un exposé des faits par l’Union européenne.

Nous sommes déjà passés par là. Le Royaume-Uni dispose de 30 jours pour présenter un nouveau plan afin de garder ouverte la frontière irlandaise s’il souhaite se débarrasser de la solution du filet de sécurité ('backstop') actuelle, rédigée dans la douleur au cours des deux dernières années. L’UE a déclaré qu’elle examinera tout « arrangement alternatif » - comprenez des innovations technologiques et des contrôles aux usines et aux ports - soumis par les Britanniques, mais pense qu’ils ne seront pas prêts à temps pour le jour du Brexit.

En d’autres termes, le Royaume-Uni sortira de l’UE le 31 octobre sans accord. Le problème est que de nombreuses entreprises (en particulier au Royaume-Uni) ne sont pas préparées à ce scénario. La semaine dernière, le Sunday Times a dévoilé des documents gouvernementaux mettant en garde contre des pénuries de carburant, de nourriture et de médicaments, et prévoyant des retards aux ports. Pendant ce temps, un groupe multipartite de députés tente de trouver un moyen juridique d’empêcher une sortie sans accord, alors que Jeremy Corbyn essaie désormais de se positionner en chef de file.

L’UE ne reverra pas sa copie. Nous n’avons simplement plus le temps (en référence à la « limite » de 30 jours mentionnée par la chancelière allemande Angela Merkel). Selon le président français, Emmanuel Macron, un nouvel accord pourrait être trouvé « sans totalement remanier l’accord de retrait ». En outre, le filet de sécurité irlandais a été remodelé à plusieurs reprises depuis le début des négociations au cours de l’été 2017. Le principal changement concernait le rejet de plans destinés à maintenir l’Irlande du Nord alignée sur les règles de l’UE, afin de privilégier le maintien de l’ensemble du Royaume-Uni jusqu’à la signature d’un accord commercial.

La priorité de l’UE consiste à préserver l’intégrité du marché unique, tout en protégeant la paix en Irlande du Nord. Le bloc reviendrait donc volontiers au filet de sécurité initial (le projet « Northern Ireland-only »), mais il reste toxique pour les conservateurs britanniques et leurs alliés du parti unioniste démocrate (DUP). Il est toutefois intéressant de noter que, selon un sondage réalisé par l’entreprise britannique LucidTalk pour le Sunday Times, la semaine dernière, une majorité de citoyens nord-irlandais soutiendraient cette option.

Nous revoici donc à la case départ. M. Johnson peut espérer le soutien de dirigeants mondiaux, comme le président américain Donald Trump, lorsqu’il assistera au sommet du G7 à Biarritz ce week-end (EUROPE 12311/1). Mais il ne devrait rien attendre d’autres dirigeants européens, en particulier du président du Conseil européen Donald Tusk, qu’il rencontrera dimanche.

L’UE répète qu’elle ne conclura aucun accord connexe avec le Royaume-Uni sur des sujets tels que l’aviation, les douanes et les transports, mais différents pays s’entretiennent avec les Britanniques pour garantir une poursuite harmonieuse des activités le 1er novembre. Par exemple, les ministères britannique et irlandais des Transports ont convenu cette semaine que les véhicules immatriculés en Irlande n’auront pas besoin de permis spéciaux pour circuler au Royaume-Uni s’ils disposent d’une assurance irlandaise valable (bien que l’inverse ne soit pas vrai en ce qui concerne les véhicules immatriculés au Royaume-Uni).

Et ce n’est pas surprenant. L’institut allemand Ifo vient de publier une étude démontrant qu’un Brexit sans accord entraînerait une chute de 8 % de la « prospérité » - la consommation réelle - en Irlande. Il réduirait la consommation réelle du Luxembourg et de Malte d’environ 5,2 %, et du Royaume-Uni de 2,8 %. Les Pays-Bas, la Belgique et le Danemark suivent, tandis que la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie seraient également affectées, bien que dans une moindre mesure.

Ce classement explique pourquoi certains pays sont plus affolés que d’autres face aux préparatifs d’un «no-deal»... et à juste titre. (Version originale anglaise par Sarah Collins)

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