La Commission européenne planche sur de nouvelles règles destinées à mieux encadrer la reconnaissance faciale, a révélé le Financial Times, jeudi 22 août. S'appuyant sur des déclarations de hauts-fonctionnaires, le journal explique que l'institution veut limiter « l’utilisation aveugle de la technologie de reconnaissance faciale » par les entreprises et les autorités publiques.
Interrogée par les médias, la porte-parole de la Commission européenne, Natasha Bertaud, a refusé de commenter des fuites dans la presse. Elle s'est contentée de mettre en avant les documents déjà publiés sur la question, à savoir la déclaration de Sofia et le rapport du groupe d'experts de haut-niveau sur l'intelligence artificielle (EUROPE 12283/8).
Selon le journal britannique, l'objectif d'une telle initiative serait de « favoriser la confiance et l'acceptation du public » dans la reconnaissance faciale. Il s'agirait en effet de permettre aux citoyens européens de « savoir quand des données [de reconnaissance faciale] sont utilisées », avec des exceptions « étroitement circonscrites ».
Cette annonce intervient quelques semaines après que le Financial Times a révélé l'exploitation de la reconnaissance faciale dans une zone de 300 mètres carrés autour de la gare ferroviaire de King's Cross, à Londres, conduisant le régulateur britannique à lancer une enquête. Plus tôt, c'est en Suède que la polémique avait gonflé, avec l'utilisation de cette technologie par une école désireuse de relever les présences.
La présidente élue de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déjà fait savoir que, dans les 100 premiers jours de son mandat, elle dévoilerait une législation qui offrira une approche européenne coordonnée des implications humaines et éthiques de l'intelligence artificielle (EUROPE 12303/7). (Sophie Petitjean)