La tenue des auditions par la Conférence des présidents des commissions (CPC) du PE des candidates désignées par la Roumanie et l’Estonie, respectivement Mircea Pașcu et Kadri Simson, pour remplacer les commissaires Corina Crețu et Andrus Ansip, prévue mercredi 17 juillet dans la matinée, semblait de plus en plus compromise, mardi 16 juillet en début de soirée.
Cela s’explique par une série de réactions en chaîne causée par le rejet pour la deuxième fois par les eurodéputés, lundi 15 juillet dans la soirée, de la candidature de l’ancienne Première ministre polonaise Beata Szydło (CRE) à la présidence de la commission ‘emploi et affaires sociales’ (EMPL) (EUROPE 12296/28).
Or, selon le règlement intérieur du Parlement européen (art.29), la CPC n’est opérationnelle qu’une fois tous les présidents des commissions parlementaires élus. Problème : sans réunion constituante, durant laquelle le président de la conférence est élu, la CPC ne peut s’acquitter de ses tâches lui incombant, comme celle d'auditionner les candidats à la Commission européenne.
À cette heure, tous les regards étaient tournés vers les réunions internes du groupe CRE, mardi dans l'après-midi, où étaient décidées, d'une part, la position du groupe vis-à-vis de la candidate désignée, Ursula von der Leyen (voir autres nouvelles), d'autre part, la voie à suivre pour sortir de l’impasse de la présidence de la commission EMPL.
Plus précisément, l’attention portait sur la délégation polonaise du groupe CRE, dont il est attendu qu’elle abandonne ses ambitions pour la présidence de la commission. Et pour cause. Les groupes RE et S&D ont décidé d’étendre le cordon sanitaire aux membres appartenant aux partis gouvernementaux des États membres soumis à la procédure de l’article 7 du TUE. Il s’agit du parti PiS pour la Pologne et Fidesz pour la Hongrie.
Ainsi, d’après plusieurs sources internes, si le groupe conservateur proposait la candidature de l’Allemand Helmut Geuking (CRE), ce dernier pourrait trouver le soutien des groupes S&D, Verts/ALE, GUE/NGL et RE.
Les coordinateurs de ces derniers groupes politiques de la commission EMPL ont fait savoir aux membres du groupe CRE que, s’ils ne présentaient aucun candidat d’ici à demain soir, un contre-candidat issu d’un autre groupe politique serait présenté. Certaines sources mentionnent un candidat S&D. D’autres estiment que rien n’a été défini pour l’heure.
Si le groupe conservateur venait à présenter un autre candidat, une réunion extraordinaire de la commission EMPL pourrait être convoquée jeudi 18 juillet.
Ursula von der Leyen dans la balance. Selon plusieurs sources, le groupe CRE, et notamment la délégation polonaise, essaierait de sécuriser la présidence pour l’ancienne Première ministre polonaise en contrepartie de son soutien à la candidate Ursula von der Leyen. Les tractations se feraient ainsi « au plus haut niveau politique », nous dit-on. (Pascal Hansens)