Les vingt-sept chefs d'État ou de gouvernement des États membres de l'UE adopteront, jeudi 20 juin, leur agenda stratégique pour le prochain cycle institutionnel, dont la personnalité qu'ils proposeront pour présider la Commission européenne post-Juncker devra s'inspirer pour élaborer son propre programme politique (EUROPE 12275/8).
Les dirigeants se donnent d'ores et déjà rendez-vous au sommet européen d'octobre pour « discuter du suivi » à accorder à cet agenda, selon le projet de conclusions daté du 17 juin dont EUROPE a eu copie.
Vendredi 14 juin, les chefs d'État ou de gouvernement des sept pays méditerranéens - Malte, Chypre, Espagne, France, Grèce, Italie, Portugal - ont souligné l'importance de stimuler « la convergence » et l'insertion sociale entre les États membres au sein d'une Union européenne capable de s'adapter aux « défis du changement climatique, démographique et de la numérisation ». Ils ont plaidé pour une Europe « plus affirmée » et capable de défendre dans le monde ses intérêts et ses « valeurs communes ».
En parallèle, au Parlement européen, les travaux sur les priorités stratégiques des principaux groupes politiques pro-européens - PPE, S&D, Renew Europe, Verts/ALE - se poursuivent, les présidents de ces groupes ayant fait le point, lundi soir, sur les travaux des cinq groupes de travail (EUROPE 12273/17).
L'objectif est de finaliser une déclaration politique en vue de la réunion de la Conférence des présidents (CoP) des groupes politiques du PE, mardi en fin d'après-midi. À charge pour la CoP d'endosser cette déclaration et de la transmettre aux Vingt-sept.
Le président du Conseil européen, Donald Tusk, chargé de piloter les travaux des Vingt-sept sur l'agenda stratégique, assistera à la CoP. Les nominations aux hautes fonctions européennes à pourvoir d'ici à fin 2019 - présidences de la Commission européenne, du Conseil européen, de la BCE et Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité - constitueront un autre sujet que devraient aborder les eurodéputés et M. Tusk, et notamment la personnalité politique qui serait à même de recueillir une majorité politique pro-européenne au PE.
À la recherche du meilleur équilibre politique, géographique, entre hommes et femmes, M. Tusk ambitionne de soumettre à ses homologues du Conseil européen un nom par fonction, comme un paquet à prendre ou à laisser.
Parmi les autres dossiers à l'ordre du jour du sommet européen figurent : la lutte contre les dérèglements climatiques et la désinformation, le cadre financier pluriannuel 2021-2027 et, en matière d'affaires étrangères, les relations avec l'Ukraine et la Russie (EUROPE 12276/5).
D'après le projet de conclusions, le Conseil européen devrait demander au Conseil et à la Commission de poursuivre les travaux sur les conditions permettant de converger vers « une Union européenne neutre d'un point de vue climatique, en ligne avec les Accords de Paris, qui préserve la compétitivité européenne et soit juste d'un point de vue social, tout en bâtissant sur les mesures déjà agréées pour atteindre l'objectif de 2030 en matière de réduction » des émissions de CO2.
Le soutien en faveur d'un objectif de neutralité climatique fixé en 2050 augmente (EUROPE 12276/15), mais cet objectif chiffré ne figure pas dans les projets de conclusions.
Sur le budget de l'UE post-2020, les Vingt-sept ne prévoient plus que des discussions en octobre, alors qu'ils prévoyaient auparavant de parvenir, à cette date, à un accord sur le cadre financier pluriannuel 2021-2027.
Voir le projet de conclusions: http://bit.ly/2Io1AcE (Mathieu Bion)