Il n'y aura pas de normalisation des relations entre l'UE et le Soudan tant qu'une autorité civile de transition ne sera pas en place, a souligné le Conseil de l'UE dans une déclaration adoptée lundi 17 juin à Bruxelles, à l'issue d'une discussion des ministres européens des Affaires étrangères. L'échange a été précédé par une vidéoconférence avec l’envoyé spécial de l’Union africaine pour le Soudan, Mohamed El Hacen Lebatt (12275/19).
« Il est très important pour nous d'adresser un message clair », a commenté la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, devant la presse.
L'UE condamne fermement les violentes attaques perpétrées le 3 juin dernier, qui ont fait de nombreux morts et blessés parmi les civils qui manifestaient pacifiquement, ainsi que les violences sexuelles et sexistes.
« La responsabilité en incombe clairement au Conseil militaire de transition (CMT) en tant qu'autorité chargée de la protection de la population. Toutes les violations des droits de l'homme et les abus qui ont été commis doivent faire l'objet d'une enquête menée avec indépendance et transparence et leurs auteurs doivent répondre de leurs actes », précise le Conseil.
L'UE appelle à la cessation immédiate de toutes les violences, à la libération immédiate des membres des Forces pour la liberté et le changement et des autres civils qui ont été arrêtés et emprisonnés récemment, ainsi qu'à la levée des restrictions aux libertés fondamentales.
« Profondément préoccupée par la détérioration de la situation humanitaire», l'UE continuera à « répondre aux besoins de la population » et demande la levée immédiate des « obstacles à la distribution de l'aide humanitaire, y compris à Khartoum. »
L'UE invite le CMT et les Forces pour la liberté et le changement à reprendre immédiatement les négociations. Elle soutient les efforts de médiation de l'envoyé spécial de l'UA, en coopération avec l'Éthiopie, pour faciliter la reprise des pourparlers. L'UE salue également la décision de l'UA de suspendre la participation du Soudan à toutes ses activités jusqu'à la mise en place effective d'une autorité civile de transition.
Elle assure qu'elle apportera « son soutien au Soudan pour relever les défis sociaux, économiques et politiques ainsi que pour mettre en oeuvre les réformes nécessaires » et qu'elle fournira une « assistance en conséquence » quand le Soudan aura entamé un processus de transition vers un régime civil. (Aminata Niang)