Les ministres des Affaires étrangères des États membres de l'UE, réunis en Conseil à Luxembourg, ont salué, lundi 17 juin, la normalisation de la situation politique en Moldavie, tout en restant vigilants sur la suite.
Après une semaine de tensions, le Parti démocrate a finalement accepté de céder le pouvoir à la nouvelle coalition majoritaire formée le week-end dernier, mettant fin à une situation qui voyait le pays se retrouver avec deux gouvernements (EUROPE 12272/17).
« Nous nous félicitons que la crise politique ait trouvé, pour l’instant, une solution pacifique et démocratique », a souligné la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, à l’issue de la réunion. Plus tôt dans la journée, le ministre roumain, Teodor Malescanu, avait estimé qu’il s’agissait d’une « évolution positive », alors que son homologue slovaque, Miroslav Lajcak, a qualifié de « bonne chose » le fait qu’il y ait un gouvernement.
Devant la presse, Mme Mogherini a aussi rappelé « l’engagement » de l’UE aux côtés du pays. Preuve de l’engagement européen, selon elle, la visite dans le pays, dès ce mercredi 19 juin, du commissaire européen à la Politique de voisinage, Johannes Hahn.
La Haute Représentante a cependant prévenu que l’UE allait surveiller attentivement les prochaines étapes afin de voir si les engagements pris par les autorités se concrétisent. « Nous allons rester très vigilants concernant les prochaines étapes », a insisté Mme Mogherini, encourageant les autorités moldaves à respecter leur engagement à travailler sur l’agenda des réformes. À son arrivée au Conseil, M. Hahn avait prévenu qu’il attendait du nouveau gouvernement qu’il se concentre sur les réformes, notamment concernant le système judiciaire, et sur le scandale de la fraude bancaire (EUROPE 12014/21).
Interrogés sur le déblocage de l’aide macrofinancière au pays - bloquée après l’invalidation des élections municipales à Chisinau (EUROPE 12056/15) -, le commissaire et la Haute Représentante ont rappelé qu’il y avait des conditions à remplir : la poursuite des réformes et la mise en œuvre de l’accord d’association. « Si le nouveau gouvernement peut accélérer le processus (pour remplir les conditions) – ce qui, je crois, est facilement le cas - bien sûr, nous sommes prêts à reprendre le financement de la Moldavie », a précisé M. Hahn.
Selon M. Lacjak, le déblocage est probablement prématuré. (Camille-Cerise Gessant)