Les forces de gauche radicale membres du mouvement paneuropéen « Maintenant le peuple ! » - Bloco de Esquerda, Podemos, La France insoumise, l'Alliance rouge-verte danoise, le Parti de gauche suédois, et l’Alliance de la gauche finlandaise - ont donné, samedi 11 mai à Marseille, le coup d'envoi de leur campagne électorale européenne en vue des élections européennes de mai.
« Ce n’est pas un meeting comme un autre, mais un événement qui aura sa place dans l’histoire des mouvements qui ont porté nos idées », a déclaré son co-initiateur Jean-Luc Mélenchon, qui a dressé un lien entre ce mouvement paneuropéen, les Gilets jaunes, et la Grande Jacquerie, ce soulèvement paysan contre les seigneuries féodales qui a fait trembler le royaume français en 1358.
Les différents intervenants ont vivement critiqué les politiques d’austérité et antisociales au niveau européen, qui ont frappé majoritairement les États du Sud méditerranéen. Par ailleurs, ils ont tous insisté sur la nécessité de prendre à bras le corps la question migratoire, en mettant un terme aux politiques européennes qui sont à l’origine de ces mouvements, comme l’a souligné à plusieurs reprises M. Mélenchon. Surtout, l’urgence climatique a été sur toutes les lèvres de ses membres de la gauche « de rupture ».
M. Mélenchon, en présence de sa tête de liste française Manon Aubry, a porté la critique la plus vive contre l’Union européenne : « Il faut sortir des traités européens, car le sommet de la hiérarchie des normes dans les traités européens est la compétition, la concurrence libre et non faussée. » Et de crier : « À bas ce système ! »
Se revendiquant d’un internationalisme « réaliste », comprenant que le monde « reste organisé aujourd’hui en nations », M. Mélenchon a estimé que la seule organisation internationale pertinente est l’Organisation des Nations unies. « On peut toujours dire que c’est un machin, que ça ne marche pas, on est d’accord ! Mais c’est la seule chose qu’on a ! »
Le mouvement espère encore s’agrandir. Pour l’heure, le nombre d’États membres, d'où proviennent les partis et mouvements nationaux qui en sont membres, ne serait pas suffisant pour constituer un groupe politique autonome au sein du prochain Parlement européen. Il faut des eurodéputés élus dans au moins sept pays différents pour constituer un groupe politique au PE.
Fin 2018, lors d’une réunion interne du groupe GUE/NGL du PE, les eurodéputés membres du mouvement ‘Maintenant le peuple !’ avaient assuré vouloir se maintenir au sein du groupe dans le prochain Parlement européen (EUROPE 12132/14).
Selon un récent comptage de Transform! Europe, datant du 10 mai, La France insoumise serait, en l’état actuel des intentions de vote, créditée de 8,5 % (5 sièges), Podemos de 14,1 % (8 sièges), le Bloco de 7,1 % (2 sièges), l'Alliance rouge-verte danoise de 7 % (1 siège), le Parti de la gauche suédois de 9,2 % (2 sièges), et l’Alliance de la gauche finlandaise de 8,7 % (1 siège). (Pascal Hansens)