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Bulletin Quotidien Europe N° 12236
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INSTITUTIONNEL / Pe2019

Le Rassemblement national présente son programme et son manifeste pour les élections

Le Rassemblement national (RN) a présenté, lundi 15 avril à Strasbourg, son manifeste et son programme pour les élections européennes, intitulés « Pour une Europe des nations et des peuples ». 

Le parti français, qui avait remporté le plus de sièges d’eurodéputés en 2014 pour la France, est de nouveau, selon un sondage Ifop-Fiducial du 15 avril pour Paris Match, CNews et Sud Radio sur les élections européennes, en tête des intentions de vote avec 21,5 % des voix, à égalité avec La République en marche (liste Renaissance). 

Le projet du RN, sans surprise, appelle à la protection des frontières « par une coopération renforcée » entre les pays et avec un rétablissement des contrôles aux frontières nationales, la sortie de la logique de la libre circulation de Schengen et la mise en place d’une « vraie politique de dissuasion de l’immigration ». Il veut aussi « mener et gagner la guerre contre l’islamisme ». 

Le parti fait la part belle au local, avec la nécessité de mettre un terme à la libre concurrence et de privilégier les entreprises et agriculteurs français dans la commande publique. L'abandon des traités de libre-échange au profit de simples accords commerciaux renégociables est proposé. Le parti s'oppose aussi à toute harmonisation sociale qui aboutirait à « l’effondrement des salaires et du pouvoir d’achat en Europe occidentale ». L'écologie est aussi mise en avant. 

Côté organisationnel, le parti s’oppose à l’abandon de la prise de décision à l’unanimité et met l’accent sur la coopération renforcée avec des États libres d'y participer ou non. 

Il veut aussi modifier en profondeur le fonctionnement de la Commission européenne en la transformant en une instance normative adossée au Parlement et chargée de la mise en œuvre des décisions. Le Conseil aurait l'exclusivité de l'initiative législative et le PE devrait mettre en œuvre les coopérations. 

À l’inverse, comme le changement de discours depuis plusieurs mois le laissait présager, pas de Frexit ou d’abandon de l’euro au programme. « Nous avons effectué un changement dans notre projet au moment où une nouvelle solution est ouverte, que la situation d’isolement est finie et que nous voyons émerger des alliés avec qui changer profondément l’UE de l’intérieur », a expliqué la présidente du parti, Marine Le Pen « Avant, on était assez seul, il s’agissait de se soumettre ou de sortir, aujourd’hui il y a une nouvelle possibilité devant nous », a-t-elle ajouté. 

Tractations sur une grande alliance souverainiste

Mme Le Pen a précisé que des discussions étaient en cours en vue de la formation d’un grand groupe dans le prochain PE. « Nous ne partons pas de rien, nous avons un groupe au PE, le noyau sur lequel on s’appuie. Nous avons l'ambition d’aller beaucoup plus loin et d’avoir le groupe le plus fort possible », a-t-elle expliqué. 

La présidente du RN a rappelé que le Mouvement pour l'Europe des nations et des libertés comptait de nombreuses forces politiques qui pourraient faire leur entrée au Parlement européen. De plus, Matteo Salvini a été mandaté pour discuter avec des membres de la CRE et de l’ELDD pour tenter de « constituer un très grand groupe de défense des nations européennes, qu’on pourrait appeler souverainiste », a-t-elle ajouté. Mme Le Pen a souhaité la bienvenue à Nigel Farage au sein du groupe, si celui-ci le souhaitait. Selon elle, le point d’accord de tous les membres du groupe sera de défendre la volonté des peuples. (Camille-Cerise Gessant avec MF)

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