La Banque centrale européenne (BCE) a pris le contrôle temporaire de Banca Carige, la dixième plus grande banque italienne, mercredi 2 janvier. Cette initiative, qui témoigne de la difficulté du secteur bancaire italien à en finir avec les créances bancaires douteuses, va mettre le gouvernement face à ses responsabilités.
Désormais présidé par l'Italien Andrea Enria, le superviseur bancaire unique au sein de la zone euro a en effet nommé trois administrateurs ainsi qu'un conseil de surveillance en remplacement du conseil d'administration démissionnaire, après que les actionnaires ont rejeté le plan de recapitalisation soumis.
La décision d'imposer une administration temporaire constitue une mesure préventive destinée à garantir la continuité des activités bancaires et poursuivre les objectifs d'un plan stratégique de capitalisation bancaire, a indiqué la BCE dans un communiqué.
Les nouveaux administrateurs devront tenir la BCE étroitement informée de la situation de Banca Carige et, si nécessaire, agir pour que la banque italienne respecte les exigences prudentielles réglementaires de façon durable.
La nouvelle direction a indiqué qu'une réflexion exploratoire concernant un possible rapprochement avec un autre établissement bancaire était en cours.
En juin 2017, la Commission européenne avait approuvé la liquidation des banques Banca Popolare di Vicenza et Veneto Banca ainsi que la vente de leurs activités solvables au groupe italien Intesa Sanpaolo moyennant l'octroi de garanties par le gouvernement italien (EUROPE 11816). Elle avait aussi autorisé la recapitalisation préventive de Monte dei Paschi di Siena via des fonds publics tout en imposant des pertes aux petits investisseurs privés.
Élu en partie sur la promesse de ne plus venir en aide aux banques défaillantes, le gouvernement populiste italien a prévu un fonds de 1,5 milliard d'euros dans le budget 2019 pour dédommager les petits investisseurs mis à contribution dans des sauvetages bancaires précédents. (Mathieu Bion)