La Roumanie assure depuis le 1er janvier la présidence tournante du Conseil de l'UE. Son programme en matière de politique numérique n'est pas révolutionnaire : au vu des documents publiés, Bucarest devrait surtout œuvrer à boucler les dossiers législatifs en cours tels la réforme du droit d'auteur ou encore celui sur les services d'intermédiation (P2B).
La politique numérique ne fait en tout cas pas l'objet d'une priorité isolée dans le programme de travail de la Roumanie (qui sera confirmé le 15 janvier) ni dans celui du trio de présidence (Roumanie, Finlande et Croatie).
La Roumanie s'est donnée comme quadruple objectif d'agir pour une Europe de la convergence, de la sécurité, des valeurs et une Europe en tant qu'acteur mondial (voir autre nouvelle). Dans son discours devant le Parlement roumain mi-décembre, le Premier ministre, Mme Viorica Dăncilă, a présenté la numérisation et la connectivité comme les « principaux facteurs de la compétitivité de l'industrie européenne ». Toutefois, vu la proximité des élections européennes, la marge de manœuvre de Bucarest est relativement limitée. Dans son calendrier de travail, la nouvelle Présidence annonce viser deux approches générales lors du Conseil 'Télécommunications' du 7 juin : l'une sur la confidentialité des communications électroniques (ePrivacy), l'autre sur le Centre européen de compétences industrielles, de technologies, de recherche et de cybersécurité (EUROPE 12152). Pour le reste, Bucarest devra poursuivre et clôturer les négociations interinstitutionnelles sur le droit d'auteur (EUROPE 12161), sur les relations entre plates-formes et entreprises (EUROPE 12154) et sur les contrats de vente (EUROPE 12161).
À plus long terme, le programme de travail du nouveau trio de présidence tournante - composé cette fois par la Roumanie, la Finlande et la Croatie - annonce la poursuite des travaux « vers un marché des services plus intégré, une économie numérique, notamment en complétant le marché unique numérique, une économie des plates-formes et des données, une infrastructure numérique appropriée et un cadre opérationnel destiné à soutenir la transformation numérique de l'industrie et des entreprises européennes et à libérer l'innovation en capitalisant sur l'intelligence artificielle ». À noter aussi la référence au « besoin réel » d'adapter les systèmes fiscaux de l'UE à l'ère numérique. (Sophie Petitjean)