Une évolution, plutôt qu'une révolution : c'est ce que propose l'eurodéputé Milan Zver (PPE, slovène) dans son projet de rapport sur le programme Erasmus+. Le principal changement par rapport à la proposition de la Commission européenne consiste à tripler (plutôt que simplement doubler) le budget du programme, en vue d'atteindre approximativement 45 milliards d'euros pour la période 2021-2027.
Le Slovène part du principe, comme il l'explique dans son exposé des motifs, que « quand des programmes ont du succès, il convient de concentrer les changements uniquement là où ils sont vraiment nécessaires ». Dans ce contexte, il se félicite que la proposition de la Commission conserve l'articulation du programme et s'efforce de pallier les lacunes observées durant l'actuelle période de programmation (EUROPE 12030). Il se réjouit ainsi de la décision de se passer du mécanisme de garantie de prêts aux étudiants. « Même si l’idée n’était pas insensée, il est essentiel de savoir quand les bonnes idées n’ont pas fonctionné et d’agir en conséquence », explique Milan Zver, dont la principale proposition - on l'a dit plus haut - consiste à tripler le budget d'Erasmus, au lieu de simplement le doubler.
Pour le reste, il se donne comme objectif de simplifier encore davantage le programme et de le rendre plus inclusif. Il propose, par exemple, de garder le nom « Erasmus+ », au lieu de supprimer le petit '+' comme proposé par la Commission, dans la mesure où les gens ont eu le temps de s'habituer. Pour ce qui concerne l'inclusivité du programme, il suggère un chapitre entier dédié à cette question. Il y propose que les États membres développent une stratégie nationale sur base d'une série de paramètres et introduit une obligation selon laquelle les subventions individuelles reçues au titre du programme « couvrent toujours au moins 50 % des coûts additionnels générés par la participation au programme ».
Et de conclure : « Si l'Union ne peut se targuer de compter 12 millions de participants d'ici la fin de 2027 [objectif que s'est fixé la Commission, NDLR], mais peut honnêtement affirmer que le programme est plus inclusif et offre des opportunités de grande qualité à davantage de personnes, elle peut être fière à juste titre. Le programme devrait être davantage axé sur la qualité que sur la quantité. » Voir le projet de rapport à la page : https://bit.ly/2yY2qXD. (Sophie Petitjean)