La Commission européenne fera peu de propositions en 2019, car il reste pas mal de pain sur la planche : c’est ce qui ressort des déclarations de la Commission, mardi 23 octobre à Strasbourg devant les eurodéputés, sur le programme de travail pour l’an prochain. Les députés ont demandé des résultats sur la crise des migrants, la réforme de la zone euro ou encore le changement climatique et le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) de l’UE pour 2021-2027.
« Les six mois à venir vont être cruciaux pour l’UE, les citoyens vont aller aux urnes, ils veulent voir des améliorations concrètes », a déclaré le premier vice-président de la Commission, Frans Timmermans, en présentant le programme de travail pour 2019. Il a confirmé qu’il restait « très peu de temps pour trouver un accord sur les nombreuses propositions soumises ». Il faut, selon lui, montrer que l’UE peut apporter des solutions à des problèmes qui ne pourraient pas être résolus par les États membres seuls (changement climatique, gestion des ressources, création d’emplois, immigration, lutte contre le terrorisme et les cyberattaques…).
Le programme de travail reflète le discours du mois dernier de Jean-Claude Juncker sur l’état de l’Union et les débats avec le Conseil et les eurodéputés. Un accord a été trouvé sur la moitié des initiatives législatives prioritaires proposées et 20 % sont dans un processus législatif avancé, a noté M. Timmermans.
Il s’est montré ouvert à créer une dynamique pour favoriser les accords sur les dossiers en ‘priorité partagée’, comme la gestion des migrations, le système commun d’asile, le marché unique numérique, une union économique et monétaire plus approfondie et sur le socle des droits sociaux, a précisé M. Timmermans.
Nouvelles initiatives. « Nous ne proposons que très peu de nouvelles initiatives », a indiqué le premier vice-président de la Commission. La Commission fera le point sur le plan d'investissement pour l'Europe et présentera un document de réflexion sur les moyens de garantir une Europe durable aux générations à venir. Elle présentera : - un plan coordonné sur le développement de l'intelligence artificielle en Europe ; - un plan d'action sur la désinformation ; - une recommandation pour l'établissement d'un système européen de dossiers de santé informatisés. Une stratégie relative aux perturbateurs endocriniens sera mise sur la table, de même qu'une stratégie de réduction à long terme des émissions de gaz à effet de serre (et un plan d'action sur les batteries).
Majorité qualifiée. La Commission défendra un recours accru au vote à la majorité qualifiée dans les domaines de l'énergie et du climat, de la fiscalité et de la politique sociale. Elle compte renforcer le cadre pour l'État de droit et le rôle international de l'euro, rendre compte des progrès liés à la réciprocité en matière de visas et présentera des idées visant à 'communiquer l'Europe'. Enfin, certaines mesures devront être prises pour adapter l'acquis de l'UE dans le contexte du Brexit. La Commission fera des propositions sur le statut des ressortissants britanniques en matière de visas après le Brexit.
Sibiu. Le programme de travail « se tourne » vers le sommet européen sur l'avenir de l'Union à 27, le 9 mai à Sibiu, a conclu M. Timmermans, en citant des avancées souhaitées en matière de renforcement de l’État de droit et d'UEM et « un accord sur le futur CFP ». (Lionel Changeur)