La Commission a décidé d’interdire, de son propre chef, le diquat, une substance active hautement toxique de Syngenta entrant dans la composition de pesticides, en l'absence d'avis des États membres, a-t-on appris vendredi 12 octobre. Cette interdiction vaut aussi pour le thiram et le pymetrozine, tandis que le malathion, dont un risque a été identifié pour les oiseaux, ne pourra plus être utilisé que dans des serres, a précisé l'institution.
En comité d’appel, les États membres avaient échoué, en juillet dernier, à approuver ou rejeter la proposition d’interdiction, faute de majorité suffisante (EUROPE 12062). La Commission a donc adopté des décisions de non-renouvellement imposant aux États membres de retirer les autorisations des produits phytopharmaceutiques contenant du diquat, du thiram et du pymetrozine.
Le président de la commission spéciale PEST du Parlement européen, Éric Andrieu (S&D), a aussitôt salué, vendredi, « la décision de la Commission de prendre ses responsabilités et de ne pas renouveler l’autorisation du diquat en Europe, substance hautement toxique ». C'est, selon lui, « un premier pas vers une application stricte du principe de précaution ».
La Commission a suivi l'avis de l'EFSA, qui avait conclu, en novembre 2015, à de sérieuses inquiétudes sur les perturbations hormonales que peut entraîner le diquat sur l'être humain comme sur les animaux, ainsi que sur les forts taux d'exposition qui y sont associés. Alors que la licence de la substance active a expiré depuis 2012, le diquat avait été réautorisé jusqu'ici sur des bases temporaires. (Aminata Niang)