Quelques jours après les révélations du Royaume-Uni et des Pays-Bas sur de larges cyberattaques (EUROPE 12110), six États membres - les deux précités, la Roumanie, la Finlande, l’Estonie et la Lituanie - ont appelé à des sanctions contre les auteurs de telles attaques, a appris EUROPE le 12 octobre.
« Nous devons de toute urgence mettre en œuvre un régime [de sanctions, NDLR] pour lutter contre la cyberactivité malveillante », ont-ils expliqué dans une lettre conjointe, souhaitant une décision dans ce sens lors du Conseil européen du 18 octobre. Selon eux, « le rythme des événements s'est considérablement accéléré, en particulier au cours de l'année écoulée, y compris ceux de la semaine dernière [avec les révélations britanniques et néerlandaises]. Ce contexte fait de l'introduction d'un tel régime une priorité urgente ». « Les mesures restrictives seraient un outil puissant pour changer les comportements en signalant au niveau politique que la cyberactivité malveillante a des conséquences », estiment-ils également.
Une source européenne a expliqué qu’un cadre juridique pour lutter contre les attaques informatiques était « à l’étude ». De telles sanctions étaient déjà envisagées dans une 'boîte à outils cyberdiplomatique', adoptée par le Conseil des Affaires étrangères en juin 2017, qui annonce que l’UE « fera pleinement usage des mesures relevant de la politique étrangère et de sécurité commune, y compris, si nécessaire, des mesures restrictives » contre les personnes et entités responsables d’une cyberattaque (EUROPE 11811). Les États membres travaillent aussi actuellement sur des « messages communs » pour accélérer la réponse diplomatique de l’UE en cas de cyberattaque (EUROPE 12099).
Selon un projet de conclusions du Conseil européen en date du 18 octobre vu par EUROPE, les dirigeants européens devraient revenir sur la question des attaques informatiques. Si, dans ce projet, le Conseil européen n’appelle pas explicitement à des sanctions, il demande que des mesures soient prises pour lutter contre les activités illégales et malveillantes sur Internet et pour renforcer les capacités de la cybersécurité. (Camille-Cerise Gessant)