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Bulletin Quotidien Europe N° 12111
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The B-word : la newsletter d’Agence Europe sur le Brexit / The b-word

Le compte à rebours final

 Après deux semaines d’interruption, les négociations sur le Brexit ont repris et se concentrent sur la question de la frontière irlandaise. Mais tandis qu’un accord relatif à un « filet de sécurité » est « très proche », il n’est pas encore certain qu'il sera soutenu par toutes les parties, selon différentes sources de l’UE. 

Les pièces du puzzle commencent à se mettre en place. 

La Commission européenne a retravaillé les termes de sa proposition initiale de « filet de sécurité » et, après une série de rencontres à Bruxelles jeudi, le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, a déclaré : « Il y a une bonne opportunité de conclure un accord au cours des prochaines semaines » (EUROPE 12110). 

Olly Robbins, le conseiller de Theresa May sur le Brexit, était présent à Bruxelles durant toute la semaine, ce qui démontre que les choses bougent. Quant au négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, il a rencontré cette semaine les responsables politiques d’Irlande du Nord, y compris les dirigeants du Sinn Féin et du parti unioniste démocrate, et il poursuivra ses entretiens lors des prochains jours. 

À Londres, plusieurs sources affirment que le gouvernement britannique affine sa proposition de juin relative à un « accord douanier temporaire », qui prévoyait le maintien de l’ensemble du Royaume-Uni dans l’union douanière jusqu’en 2023. Cette idée a été fermement rejetée par l’UE, qui estime que le « filet de sécurité » ne devrait concerner que l’Irlande du Nord et ne pas être limité dans le temps. 

La nouvelle proposition s’apparentera à un exercice de reformulation autant qu’à un changement de position de la part des Britanniques. Theresa May doit en effet convaincre les partisans du Brexit et les unionistes que son plan ne créera pas de nouvelles frontières au sein du Royaume-Uni, tout en rassurant l’UE quant à la sécurité de ses propres frontières extérieures. Les négociateurs des deux camps planchent désormais sur la manière et l’endroit où effectuer les nouveaux contrôles douaniers et de produits. 

Des contrôles existent déjà sur les importations d’animaux vivants à destination de l’Irlande du Nord depuis la Grande-Bretagne (l’île d’Irlande est considérée comme une « entité unique » pour la santé et le bien-être des animaux). La question qui se pose donc est de savoir quels contrôles supplémentaires (par exemple, les contrôles douaniers, de TVA ou sur la sécurité alimentaire) sont nécessaires et où. 

Le lieu choisi pour ces contrôles dépendra de la décision du Royaume-Uni, à savoir s’il restera ou non lié à l’union douanière du bloc et permettra à l’Irlande du Nord de s’aligner sur certaines règles du marché unique. Les rumeurs privilégient toutefois le maintien. 

Le parti unioniste démocrate a écarté tout « nouveau » contrôle entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord et déclare que le gouvernement et le parlement nord-irlandais (qui sont inactifs depuis l’effondrement du partage du pouvoir en 2016) doivent procéder à un vote sur les changements proposés. 

Le Royaume-Uni continue d’espérer qu’il ne devra jamais recourir au « filet de sécurité », mais, étant donné le rejet par l’UE du plan de Chequers, relatif à une zone de libre-échange pour les biens, la situation se complique. Donald Tusk, le président du Conseil européen, a déclaré hier que l’UE proposait ce qu’il estimait être « un accord non seulement semblable à celui conclu avec le Canada, mais un accord Canada+++ », qui, en raison de sa nature, signifie que les contrôles seront nécessaires à la frontière. 

Les négociateurs européens et britanniques restent discrets quant aux détails et n’ont encore rien partagé sur papier avec les diplomates de l’UE. « Pour l’instant, nous sommes dans l'œil du cyclone », a confié un diplomate impliqué dans les négociations. « Les choses vont évoluer rapidement. »

Les ambassadeurs de l’UE ont débattu des avancées vendredi, tandis que le négociateur en chef britannique, Dominic Raab, est attendu à Bruxelles la semaine prochaine. Le prochain sommet de l’UE débutera le 17 octobre. (Version originale anglaise par Sarah Collins)

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