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Bulletin Quotidien Europe N° 12081
POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

La Commission rejette les menaces de Rome alors qu'aucune solution n'est encore en vue pour le Diciotti

La Commission européenne a demandé, vendredi 24 août, aux autorités italiennes de cesser de proférer des menaces qui ne servent à rien et, au contraire, d'aider à trouver une solution à la problématique de l’accueil des migrants secourus en mer.

Le porte-parole de l’institution Alexander Winterstein réagissait à la menace lancée la veille au soir par le vice-premier ministre, Luigi di Maio, de ne plus faire participer l’Italie au budget européen si aucune solution n’était trouvée sur la migration.

L’autre vice-premier ministre, Matteo Salvini, aurait même agité le chiffon d’une sortie de l’UE.

Cette menace a été assez mal accueillie à Bruxelles, le porte-parole rappelant que la Commission, une fois saisie de la demande d’aide de Rome sur le navire Diciotti, s’est aussitôt activée auprès des États membres. S’il n’y a pas de solution à ce jour, ce n’est certainement pas lié à un manque d’efforts de notre part, a ajouté le porte-parole. Il a en outre demandé au gouvernement italien de ne « pas pointer qui que ce soit »« les commentaires pas constructifs et les menaces n’aidant en rien » par ailleurs.

La Commission a aussi souligné que l’UE était un espace commun de droit et fonctionnait sur des règles « et non des menaces ».

« Si rien ne sort de la réunion de la Commission européenne demain sur la répartition des migrants à bord du Diciotti, le Mouvement 5 Étoiles et moi-même ne serons plus disposés à verser chaque année 20 milliards d’euros à l’UE », avait prévenu le ministre italien du Développement économique.

Vendredi 24 août, les diplomates de 12 États membres étaient, en effet, conviés à Bruxelles par la Commission pour faire le point sur les actions lancées par le Conseil européen du 28 juin (EUROPE 12080), mais pas spécifiquement sur la situation du Diciotti, a prévenu la Commission, confortée sur ce point par d’autres sources. Cette réunion, censée durer deux heures, aurait duré plus que prévu, mais n’aurait pas encore permis d’aboutir à une solution pour ce navire, dont les mineurs présents à bord ont toutefois été autorisés par Rome, le 23 août, à débarquer sur le sol italien. Peu d’éléments sur le contenu de cette réunion avaient d'ailleurs encore filtré à l’heure de notre bouclage. (Solenn Paulic)

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